TROP JEUNE POUR MOURIR (Stomy Bugsy/Alexis Ouzani)

A bout de souffle caché dans un buisson,
J
’entends leurs cabots qui ma peau me reniflent, la peur m’étouffe,
En plus, je connais le sort qui est réservé aux esclaves en fuite
Coups de feu par milliers, humiliés, mille fois mutilés,
Vus des frères morts ensanglantés,
Attrapés après une randonné vers la liberté,
Mais la seule liberté qui existe ici, c’est la mort
Vu des femmes tuer leur propre bébé,
Elles préféraient cela plutôt qu’ils grandissent attachés à l’acier

Refrain (Chorale)
Trop jeune pour mourir

Je continue mon chemin, toujours en courant
Je sais où je vais, j’y vais, quiconque voudra me stopper, je pourrais le crever
N’importe quel blanc m’a vu, verrez, je suis un fugitif
Ca fait deux semaines que je mange des plantes, des bestioles, dort dans des marécages
Mais pour la liberté, rien n’est nocif, né dans une plantation, de parents esclaves
Esclave moi-même de champ de cane à sucre jusqu’au champ de malédiction de coton
On nous inculqué dans la tête qu’on était comme des bêtes crées pour servir l’homme blanc
Dixit le dieu tout-puissant qui l’avait décidé ainsi
Mais quelque part au fond de moi comme une prophétie
Je savais qu’on était un peuple avec nous coutumes, nos traditions
Des fois, ceux qui se disaient nos maîtres, revenaient du marché à esclave
Avec d’autres martyrs comme ils achètent leurs chaussettes, c’est grave
Et ont le culot d’aller voir le prêtre
Mais en 1800, l’église est 100 % dans la traite des Noirs
Pour eux, on est comme un lot qu’on gagne à la foire,
On bosse pour eux même nos gosses sont à eux

Refrain

Même pour se marier avec un esclave de la plantation,
Il faut demander leur satanées autorisation.
Ils ont le droit de vie et de mort et ils s’en privent pas,
Vu le nombre de bébés mulâtres sans papa.
J’ai préféré fuir pour éviter le pire, c’est pas de la peur,
Je suis de retour avec un pur plan pour délivrer mes frères de l’enfer blanc
Je sais que dans le Nord, il y a des esclaves en fuite révoltés
Avec une haine féroce, prêts à se venger
Je me dirige depuis 4 jours déjà
J’ai appris à lire avec des enfants du maître blanc de la planta
Une fois petit, j’ai été surpris en train de bouquiner une Bible qui traînait,
Ma mère a reçu pour une cinquantaine de coups de fouets
Car aucun esclave n’avait le droit de se cultiver
Elle m’instruit en cachette, quitte à ce qu’on lui fouette le dos
Y’avait aussi ce vieil africain qui me disait un jour qu’on sera libres là-haut
Il priait Allah et me disait dans mon dialecte que j’étais

Refrain

Ces ploucs avec leur perruque blanche
Découpent à la hâche mes frères en fuite  pour qu’il servent d’exemple
Aux esclaves qui voudraient suivre cette branche
Ensuite, comme si de rien n’était, ils posent leur cul à la messe le dimanche
Et je rigole quand je les étends doucement prier
C’est les mêmes au marché qui étaient en train de crier
Pour imposer leur prix et mater la dentition de l’animal humain qui allient acheter
Les plus robustes ont tenu le trajet d’Afrique à ici
Les autres ont fini jeté dans la mer,
Mort-vivants sans merci, je prie même plus,
Ca fait longtemps que Dieu nous a laissé comme des torche-culs !
Ma vie vaut le prix de deux veaux
Alors moins de cantiques et ça, ça me travaille cerveau
Ma couleur est le problème, où est la solution
Obligé de partir en guerre pour sauver nos générations
Pour le Destin nous a ciblés comme une malédiction

- Attrapez-moi ce négro mort ou vif
- Il est dur à trouver, chef
- M’en fous ! C’est pour qu’il serve d’exemple, c’est un bétail, y’en a marre
- Lâchez les chiens, lâchez les chiens, laissez vous..
- Il m’a coûté cher, tuez le, allez tuez le

Je bénéficie de la jeunesse alors je cavale avec allégresse
Mais ces diables sont à cheval et leur cerbères sont sans laisse
Des crampes m’agrippent les jambes, je m’effondre, me relève
J’entends qu’ils me rattrapent, je sors mon couteau fabriqué pour leur étriper les tripes
Ils ont le fusil en joue mais je préfère mourir debout que ramper à genoux