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Reportage : Festival Bouge Hip Hop – Débat |
Un festival de hiphop se tenait le weekend du 8 et 9 octobre à Moirans en Isère (38). En la présence de l'anthropologue Hugues Bazin, la MJC de la localité dauphinoise a organisé une conférence sur le hiphop et son empreinte sur notre société actuelle. Le hiphop analysé d'un point de vue sociologique : compte rendu du débat sur les impacts sociaux et politiques du hip hop dans la société, organisé lors du
Festival Bouge Hip Hop.
Le samedi 8 octobre, la ville et la Maison de la Jeunesse et des Couleurs de Moirans ont animé un débat portant sur « les impacts sociaux et politique dans la société ». Le chercheur en sciences sociales Hugues Bazin auteur de l'ouvrage la culture hiphop, était l'invité d'honneur. L'évènement a rassemblé essentiellement des acteurs du milieu, le disc jockey grenoblois dj Goodka et des danseurs de break dance (danse hiphop au sol) de divers crews (groupes) de la région. Ils représentaient les collectifs C-Nous, Silent-Trix et Vagabond.
Un « bricolage » culturel.
Sous forme de conférence, Hugues Bazin a démarré la rencontre en développant les concepts de « fonction sociale de l'art » en l'occurrence urbain, le hiphop en tant que phénomène « indissociable d'un contexte social », la « mondialisation » de cette culture ou encore sa « prise de conscience politique ».
Avant qu'il ne s'internationalise, le hiphop était d'abord un « proto-mouvement » d'après le sociologue, c'est-à-dire un courant primaire. Il s'est développé à partir d'un « bricolage » ou d'un « piochage » de différents éléments propre à notre siècle. Pour illustrer son propos, il prend l'exemple de la Zulu Nation, un « crew » (collectif) considéré avec son fondateur Afrika Bambaataa comme le pionnier de la mouvance hiphop à partir des années 80. Ce groupe hétérogène d'artistes ne s'est pas seulement inspiré des modèles urbains mais aussi de ceux de la culture zoulou par exemple. La musique était utilisée par ces protagonistes comme élément principal pour abattre « les frontières entre communautés ». Progressivement, ce phénomène a atteint une dimension mondiale grâce notamment, aux principaux médias que sont la radio et la télé. H. Bazin a rappelé l'influence des programmes télévisuels et radiophoniques tel que l'émission H.I.P. H.O.P. de l'animateur Sydney ou les programmes des radios libres, Nova en tête.
Reconnaissance ou non ?
Mais la popularité du hiphop est en grande partie due à sa gratuité et son non- conformisme. Ce mouvement « casse les codes ». Il n'est pas nécessaire d'avoir « un diplôme ou des fiches de paie », seul « la reconnaissance des pairs » suffit dans ce milieu. Ces caractéristiques participent à lui forger une image « d'accessibilité ». A ses premiers balbutiements elle a concerné surtout les couches populaires avant de s'étendre à un public plus large. L'auteur n'oublie pas de rappeler les racines inaliénables de ce phénomène fruit de la culture noire-américaine. Aujourd'hui son influence sur la société est indéniable. Pourtant les acteurs présents à cette table ronde, ont exprimés leur sentiment quant à un soi-disant manque de considération de manière générale. Le hiphop est selon eux, considéré encore comme une
« sous-culture » en France au contraire des Etats-Unis. Jusqu'à présent, aucun représentant de ce mouvement ne s'est vu confié quelconque « responsabilité dans notre société » s'indignent-ils. Cependant, il n'est pas certain qu'outre atlantique on ait déjà montré la voie dans ce sens là.
Le hiphop s'interroge.
Mais des problèmes au sein même du hiphop nécessitent d'être résolus. En témoigne les critiques des intervenants au sujet de l'ombre du rap notamment celui commercial, sur les autres disciplines composant cette culture. L'opposition entre le « vrai hiphop » et le « faux hiphop » est souvent mis en avant. Cette vision manichéenne se manifeste malheureusement à travers les médias. Certaines radios n'hésitent pas à arroser les ondes de chansons sans messages positifs ou conscients. Au contraire, l'apologie du sexe, de l'argent ou encore de la drogue, est monnaie courante.
En ce qui concerne la professionnalisation artistique du hiphop et sa commercialisation, elle semble inévitable même si elle fait grincer quelques dents. La danse par exemple, investie de plus en plus les planches des théâtres. Ce constat peut être interprété comme une forme de reconnaissance parmi les divers courants artistiques. Mais l'audience a interrogé les conférenciers quant à savoir si la danse hiphop ne risque pas de vendre son âme au diable en « désertant » la rue pour la scène ? Les danseurs sont unanimes, en aucun cas ils n'ont l'impression de perdre leurs valeurs et leurs idéaux en se produisant dans des lieux de culture. Ils ont besoin de subvenir à leur besoin et la rue ne permet pas de gagner son pain. Mais l'un n'empêche pas l'autre d'après eux. Ils avouent revenir de temps à autre à leurs premiers amours en se produisant sur les marbres froids des entrées de théâtres ou des centres commerciaux. Hugues Bazin le dit, « la rue est le premier des musées ». « Le hiphop investi et réintroduit l'art dans l'espace publique » par le biais des graffitis, des battles de danse ou encore des « blocks parties » (fêtes de rue).
Qu'il soit professionnel, commercial ou simplement amateur, la passion est la même et elle semble être partie pour durer tant que des hommes et des femmes continueront à porter haut et fort les valeurs de cette culture à part entière.
Pour en savoir plus :
http://www.festivalbougehiphop.tk
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Reportage réalisé par G.D.
26.10.2011 France |
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