Créé il y a cinq ans du côté de Marseille, le groupe La Swija a patiemment aiguisé ses armes dans l'ombre avant de dévoiler son talent au grand jour avec son premier projet intitulé 'Des racines et des ailes'. Après ce très bon disque, La Swija est aujourd'hui à l'affiche des deux projets du moment en provenance de la cité phocéenne, les albums 'Mains Pleines de Ciment 2' et 'Projet Arès', une excellente raison de nous intéresser de plus près à ce groupe prometteur...

A écouter : "La Swija" - "Le Magma" - "L'Arme Bleue"

Contact : laswijamanagement@voila.fr

L'album 'Des racines et des ailes' est disponible sur www.street-skillz.com


Qui sont les membres de La Swija ?

La Swija est composé de trois rappeurs : El Sarazino, Don Diego et l’Emir El K. Le groupe existe concrètement depuis 1999, le début était plus basé sur l’entraînement. En 2000 nous avons commencé les mix-tapes et les concerts dans les quartiers de Marseille et ses banlieues.

En parlant de la création du groupe, que signifie le mot 'Swija' ?

La Swija est un mot qui vient de la langue arabe. C’est un surnom donné à un fusil à deux canons superposés. Pourquoi un fusil ? Parce qu’on nous disait que la parole était la seule arme qu’on a pour se défendre dans la musique, donc pourquoi ne pas être équipé à l’occasion !

Au mois de juin vous avez sorti l'excellent 'Des racines et des ailes' et la première chose qu'on remarque en ayant votre disque entre les mains, c'est qu'il y a un vrai concept au niveau de la pochette, de l'intro ?

A la base nous sommes un groupe qui aime bien les concepts, c’est pour cela que nous avons essayé de nous démarquer de ce qui ce fait en général au niveau des pochettes en France. Pourquoi l’école ? C’est un hommage aux jeunes de France et pour ceux qui y sont passés. Nous voulions aussi montrer l’importance que nous donnons aux textes. L’école est bien représentative de ça.

Pour illustrer votre idée vous avez fait appel au collectif tous des K ?

Vu que la pochette avait un concept spécial, nous voulions un travail efficace qui réponde parfaitement à notre demande. Nous avons toujours apprécié leur travail car ils sont vraiment forts, il suffit de voir les travaux précédemment effectués sur les albums de IAM, Psy 4, ou même les clips qu'ils ont pu réaliser. Ils sont vraiment bons et ce fut vraiment un grand plaisir de travailler avec eux.

Il y a une vraie unité au niveau des sons. Quand est-ce que vous avez commencé à enregistrer ? Saviez-vous dès le départ que vous alliez enregistrer un long format ?

Au départ on était parti pour une mix-tape avec un maximum de nos morceaux et des morceaux avec des invités, mais on s’est dit que ça prendrait trop de temps de faire venir des gars et de les faire poser. Donc on s’est orienté vers un maxi et ça a fini sur un format album car on voulait garder un équilibre musical. Au final on est content du résultat. L’enregistrement s’est déroulé à Marseille au studio Impulsion de novembre 2003 à mars 2004.

La qualité de votre projet montre qu'on peut faire de grande choses tout en étant indépendant. C'est d'ailleurs un sujet dont vous parlez sur le morceau "L'océan dans un verre" ?

Oui, c’est un morceau qui est dédié aux groupes indépendants qui galèrent. Le message est de montrer que même petit on peut avoir du talent de grand, que ce soit pour le coté artistique ou promotionnel.

Comment avez-vous choisi les invités de l'album ?

Pour le choix des featuring, nous avons gardé les artistes avec lesquels nous avons l’habitude de travailler : Mino, Psy 4, César... On se voit souvent, on se connaît. Pour nous, ce fut important sur un premier projet d’inviter des artistes que nous apprécions humainement et artistiquement.

'Des racines et des ailes' est sorti sur le label marseillais Street Skillz. A quand remonte le début de votre collaboration ?

Notre première trace discographique chez Street Skillz remonte à la compilation 'Mains pleines de ciment 1' qui date de 2002. Nous collaborons beaucoup avec eux car nous les connaissons depuis longtemps mais nous ne sommes pas liés contractuellement avec Street Skillz.

L'actualité du label Street Skillz, c'est l'album 'Mains pleines de Ciment 2' sur lequel vous posez plusieurs morceaux en solo et en groupe. Comment s'est passé l'enregistrement ?

A la base on se connaît humainement et artistiquement, donc pour notre part, on venait et on enregistrait de "façon naturelle". C’était plutôt libre pour nous, il y a une confiance réciproque.

On y retrouve le morceau "La Swija". C'est un titre qui vous tient particulièrement à coeur ?

Ce morceau est différent pour nous car il a connu une préparation différente par rapport aux autres. La plupart des morceaux ont été préparés ensemble, on écrivait sur le taquet après avoir choisi un thème, là on l’a écrit chacun de notre coté. Ce morceau, nous l’avons fait en dernier, il a emmagasiné toutes les expérience que nous avons vécu professionnellement, techniquement et artistiquement. Le résultat a fait grave plaisir.

Dernièrement vous avez également posé un titre sur l'album 'Projet Arès' ?

Lyrical Lab nous a contacté après avoir entendu le morceau "Le magma" que nous avions posé au départ pour le projet 'Les Mains Pleines de Ciment 2'. Le son [du titre sur Projet Arès] a été fait par Bonus Track, le morceau s’appelle "L'Arme Bleue", il a été enregistré en été 2003, les scratches ont été réalisés par Dj Mej. C’est un morceaux plus vieux que les morceau présents sur l’album.

A quoi peut-on s'attendre de la part de La Swija prochainement ?

Prochainement nous serons en concert pour promotionner notre Street Album, par le même temps nous faisons des morceaux pour différentes compiles, mix-tapes... Et on pourra peut être s’attendre à un prochain projet de la Swija si Dieu veut, à suivre…

Propos recueillis par Equi
Photo: tous des K
Novembre 2004