Babbar & Double Bass

Le Double H nous accueillait ce jour là dans ses locaux de Montreuil-sous-Bois. Babbar se remettait doucement d'une soirée agitée, démarrée la veille par un concert à l'Abracadabar (19ème – métro Laumière). En compagnie de son ami et compositeur attitré, Double Bass, il a accepté de répondre à nos questions au sujet de son parcours. Zoom sur 'Bande Destinée', son premier EP, sorti en novembre dernier...

Media : "Je lâche pas" / "Musique ma vie"

Site Web : www.doubleh.fr


Babbar, pourquoi avoir choisi ce pseudonyme ?

Parce que j'adore les éléphants et que ça fait un diminutif de Carambar !

Quelles sont tes origines ?

Je viens de Paris, j'y suis né. Je suis originaire du Cameroun. Ma jeunesse s'est partagée entre les deux, sans préférence, mais j'ai grandi dans le 92.

A quel âge as tu découvert le rap ?

J'ai découvert ça relativement tôt. J'ai un frère aîné, né en 70, qui baigne dedans depuis longtemps. J'étais donc un peu forcé de tomber dedans. Petit, j'avais déjà des platines, des disques... donc ce n'est pas surprenant ! Depuis ma jeunesse, je baigne dans la musique.

A partir de quand as-tu commencé à écrire ?

Il y a eu des périodes où j'écrivais, alternées avec des périodes consacrées d'avantage à mon sport, le handball. J'ai commencé à gratter mes textes à l'âge de 14, 15 ans. J'en ai 27 aujourd'hui.

'Bande Destinée' est ton premier projet solo. Qu'as-tu fais auparavant ?

J'ai fais des apparitions sur des mixtapes mais on ne sait jamais si elles sortent ou pas. J'ai également participé à un concours l'année dernière, sur Génération, baptisé Hip Hop Star. Et je l'ai gagné.

Est-ce de cette façon que tu es entré en relation avec le Double H ?

Le Double H m'a contacté ensuite mais ce n'est pas à cause du concours que c'est arrivé.

En ce qui concerne ce premier EP, 'Bande Destinée', que peux-tu nous en dire ?

C'est un petit EP sept titres en guise de page de présentation sur un devenir très proche. On peut y trouver 7 titres avec une petite palette de ce que je sais faire, aussi bien dans le texte que dans l'abstrait, avec un morceau comme ''Mauvais Présage''. J'arrive avec un 7-titres et je trouve ça vachement valorisant. Après, c'est à moi de faire mes preuves et de continuer sur les mêmes bases. Pour en revenir aux 7 titres, je travaille avec mon camarade Double Bass depuis maintenant 5, 6 ans. Il est à la réalisation de tous les morceaux.

Stéphane Babbas, alias Double Bass, comment s'organise votre collaboration ?

Double Bass : J'ai donc rencontré Babbar il y a 5, 6 ans de ça. On a fait beaucoup de morceaux et un jour, on a envoyé des maquettes. Pour le 7 titres, le Double H a justement pioché dans cette maquette, et nous y avons ajouté deux nouveaux morceaux. Donc voilà, je fais des sons avec lui et on avance au fur et à mesure, naturellement, spontanément et sans se prendre la tête.

Quelles sont tes influences musicales ?

Elles sont multiples. J'écoute du trip-hop et un peu d'electro. J'en compose également un peu mais actuellement, je n'ai plus le temps car je me consacre pleinement à Babbar. Donc on verra plus tard...

Babbar, revenons-en au EP sorti en novembre. Quelles ont été les retombées ?

J'ai eu de bons échos mais comme ce n'est jamais de vive voix, on ne sait pas quoi penser. Comme je suis nouveau, j'essaie d'abord de comprendre pourquoi je suis apprécié ou non. La critique a été assez bonne d'après ce qu'on m'a dit et ce que j'ai pu voir.

As-tu eu l'occasion de roder ce premier maxi sur scène ?

J'ai fais un petit live hier soir (ndlr : le 9 janvier) à l'Abracadabar qui s'est plutôt bien passé. J'ai aussi fait un petit concert au Bateau Phare. C'est en train de se mettre en place tranquillement, on attend...

As tu eu l'occasion de faire ta pub à la radio ?

J'ai visité quelques radios locales en banlieue parisienne. Je suis également passé sur Génération et sur Skyrock, dans l'émission de Cut Killer.

Quels sont tes projets après ce EP ?

Je suis en train de préparer mon album. Beaucoup de morceaux sont déjà prêts, ceux de la maquette dont j'ai parlé plus haut. Maintenant qu'on a une structure, une base solide, on va pouvoir se consacrer à fond sur la chose.

Qu'est-ce qui te fait vibrer, à part le rap et le handball ?

Pour l'instant, j'ai cessé toute activité. Mais cela ne m'empêche pas de vivre ma vie de famille. J'ai aussi des amis avec qui je passe du temps. Je vis super bien, un peu comme dans Celesteville, la ville de Babar. Tout est beau, il ne faut pas se prendre la tête !

A cause d'Internet, crains tu que ta musique soit détournée ?

Il n'y a que moi qui puisse la détourner. Si eux, ils la détournent, c'est pas grave. En fait, ça ne m'empêche pas d'avancer. Internet, ça ne me parle pas et ce n'est pas ce qui m'empêchera de rapper.

Que penses tu de l'ambiance actuelle dans le rap français ?

J'ai du mal à me situer. J'arrive tout juste donc je ne peux pas me permettre de juger. Le rap français, il est ce qu'il est. Il y a plein de gens, des nouveaux qui ont tout à prouver. En tous cas, je pense qu'on contribue bien à la rentabilité de la musique. Je n'ai pas tellement d'affinité avec les rappeurs mais il peut m'arriver de discuter avec certains d'entre eux, de tout et de rien, pas forcément de rap. Je suis ouvert à tout. Je ne suis pas trop pour le copinage dans le rap, les familles... mais je ne suis pas fermé pour autant. C'est un boulot, il ne faut pas l'oublier.

Le mot de la fin ?

Merci à vous. Pour le meilleur et le meilleur !

Propos recueillis par Bongo et Tiff
Photo: Sébastien Rabany
Janvier 2005