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Quand
est-ce que vous avez eu envie de faire un album ?
Jazz : Il y a
deux ans, c'est là qu'on a vraiment eu envie de faire un album...
Soon : Quand on
s'est senti près, ça remonte à peu près à deux ans. Il y a beaucoup de gens
qui nous ont demandé pourquoi on avait pas fait d'album, mais fallait qu'on
soit vraiment prêt au niveau des textes et de la maturité avant de faire
quoi que ce soit.
Pour
sortir 'De la part de l'Ombre', vous avez travaillé avec le label Bad Life ?
Soon : C'est un
label indépendant d'ici. En fait on avait commencé à bosser avec quelqu'un
de chez eux sur notre premier maxi auto produit "Hommes de terrain". Ca
c'était pas trop mal passé, le truc avait été bien diffusé, donc on s'est
dit pourquoi pas continuer et faire un essai avec eux pour l'album. C'était
la continuation de notre travail sur "Hommes de terrain".
Le
titre de l'album, "De la part de l'ombre" ?
Soon : C'est un
peu le côté sombre de Marseille, sans reprendre le nom d'un autre côté. "De
la part de l'ombre" c'est le côté sombre que chaque être humain a en lui, je
pense. C'est aussi un cadeau de l'undergroud, parce que vu qu'on est signé
en indépendant , on est un des rares groupes à Marseille à sortir en
indépendant, ça a une couleur underground.
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Comment
avez-vous abordé la thématique de l'album ?
Soon : C'est du
cent pour cent vécu. Il y a pas de racontars dans les textes. Vu que moi je
suis DJ et que j'écoute leurs textes, et que je les connais dans la vie
aussi, je peux témoigner que ce qu'ils racontent c'est du vécu. Bon on fait
du rap et il y a toujours une part d'imagination et d'inspiration, mais
quand les thèmes tournent autour de la rue, c'est des expériences vécues. Je
pense que tu t'inspires toujours de ton vécu pour écrire.
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Il y a
un morceau qui ressort pour vous? On parlait du "Cash" avec Néné... ?
Jazz :
Personnellement j'ai pas de préférence. J'aime tous les morceaux. dans mon
album...
Soon : Ce morceau
["Le Cash"] il a une histoire, il date depuis longtemps. On va dire que ça
c'est le "Cash" deuxième partie qu'on a fait. En fait c'était un morceau,
quand on faisait nos premières scènes et tout ça, c'était un morceau pas
phare mais bon, un des morceaux que les gens préféraient, le refrain était
bien apprécié. On a toujours voulu le garder dans notre répertoire, et on a
fait une deuxième version qui est un peut la continuation, c'es le cash
version 2000. Et sinon, moi le morceau que je préfère dans l'album, c'est
"Carré Rouge", parce que tant au niveau de la musique que des textes, je
crois que c'est là qu'on a atteint le... summum [rires]
Quel a
été votre manière de travailler ?
Jazz : Si tu veux
on trouve des sujets nous trois, Manolo, Ston et moi, on se met d'accord sur
un sujet, on gratte dessus, on fait le champ lexical, des brouillons et
après on retravaille au studio, toujours dans la continuité "De la part de
l'ombre". C'est un travail qui s'est fait en concertation.
Qui
sont les invités, et pourquoi les avez-vous choisis ?
Jazz : Il y a
quatre featurings, Venin, Komploz, Fel et Luc'. Ils complètent le côté under
qui manque sur les albums qui sortent à Marseille. Avec Venin, c'est "Classe
tous-risques", bon les risques on les a affrontés depuis le temps [rires] ,
on voyait pas pourquoi partir sur un autre thème, ça reflète bien
Venin-Carré Rouge... Komploz c'est "Des Jeunes possédés", on a toujours été
possédé par ce qu'on vit, le rap, le business, tout ça quoi...
Fresh (Venin) :
Je connais bien le groupe, leur caractère, leur vision du hip-hop. Et ce
qu'ils ont fait, ça leur ressemble beaucoup, c'est vraiment eux. Notre
collaboration existe depuis toujours. [Pour le morceau] Ils sont arrivés
avec une idée de texte, ça nous a plus de suite, parce que des risques on en
prend tous les jours, même sans le savoir, ça a fait tilt.
Pour ce
qui est de la partie musicale, on remarque une variété de producteurs ?
Soon : On voulait
avoir une couleur différente. Pas que ça sonne trop monotone à cause d'un
seul producteur musical. Donc on préféré piocher à droite à gauche. On a
fait appel à Saïd des Mureaux, Pone, Djel, Jérôme... Vu que la thématique
tourne surtout autour de la rue et du vécu des gens, d'un autre côté pour
donner de la variété on a préféré avoir des instrus bien différents.
Jazz : On leur a
demandé des sons, certains sont venus avec cinquante sons... On a choisi les
sons qui allaient bien avec les thèmes qu'on voulait aborder...
Comment le deejaying
est-il représenté sur l'album ?
Jazz : On a pensé
à des enchaînements, classer les morceaux dans un certain ordre, il faut
qu'il y ait un sens. Alors il y a onze morceaux scratchés, vraiment du
jamais vu, c'est des scratchs où il va ramener des refrains, des phrases qui
sont en rapport avec le texte...
Soon : Je me suis
servi à 90% des phrases de mon groupe. C'est pas question que j'aime ou
j'aime pas ce que font les autres groupes, mais je pensais que c'était
important vu que c'est le premier album de Carré Rouge qu'on entende un
maximum de trucs du groupe. Je voulais aussi sortir des phrases classiques
genre "Marseille sa production...", c'est pas des mauvaises phrases mais on
les a déjà trop entendues. Je me suis concentré à trouver des phrases, et
Jazz peut le confirmer, dans mon sac à disque j'avais presque que du Carré
Rouge.
Jazz : Il a pris
le peu de trucs qu'on a fait...
La
conclusion ?
Jazz : Que les
gens essaient de découvrir Carré Rouge, savoir comment on a fait ça,
pourquoi on est arrivé là. Le rap c'est large t'as vu...
Soon : J'espère
que l'album de Carré Rouge, les gens vont l'écouter et l'apprécier à sa
juste valeur. Et qu'ils écoutent ça comme un album de rap, et pas comme un
album de rap marseillais. On se revendique marseillais bien sûr, mais le rap
et le hip-hop en général c'est international, j'espère qu'il n'y aura pas de
barrières et qu'on évitera les étiquettes, qu'on écoute ça comme un bon
album de rap...
Propos recueillis par Equi
Photo: D.R.
Octobre 2001
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