Avec son troisième album « Hypnoflip Invasion », le Stup' boucle une première trilogie, dans laquelle on a assisté, d'est en ouest et du sud au nord, à la création d'un monde, avec ses contrées magiques et sa dimension mystérieuse. Pour en savoir plus sur ce monde et ces mystères, et sur la suite qui se prépare, nous sommes allés à la Menuiserie (37 rue de Montreuil, Paris) à la rencontre de King Ju, tête cherchante du crew, et véritable manipulateur de synapses.
C'est l'endroit où se font les sons, les boucles. C'est l'endroit où se font les tourneries, c'est de l'artisanat, comme on fait des meubles, d'où "La Menuiserie".
Le buzz
Il y a plusieurs choses. Le buzz se fait d'abord évidemment par la musique. Le vrai buzz, c'est la bonne musique. Il peut y avoir de la bonne musique qui n'est pas médiatisée. Avec le morceau "Stupeflip Vite", je ne sais pas vraiment ce qu'il se passe. S'il y a vraiment un buzz, cela vient de la rythmique certainement. Ce qui se passe, c'est qu'il y a des boites de promotion qui envoient des CD's. Puis les journalistes répondent et disent ce qu'ils aiment. Il se trouve que c'est ce morceau-là qui est sorti du lot. C'est assez étonnant parce que je me casse le *** à faire des morceaux un peu plus commerciaux, et résultat : ils prennent les morceaux hardcore. Où va-t-on ? (rires)
Quick ou MacDo ?
MacDo je ne peux plus. J'ai vraiment beaucoup, beaucoup donné. Quick, le Giant quand il est tout frais, ça passe. Mais quand la salade est pourrie, c'est mort. Je bouffe encore dans ces trucs-là, mais j'en ai ras-le-bol. Je veux la belle vie maintenant. Blucazor est vieux, il a faim, il veut de l'argent !
Un futur sans argent
Le troc, le respect de la personne humaine, les carottes. Ne pas trop se faire carotter. Cultivons des carottes. C'est le message du jour de Blucazor aka King Ju.
La Stup' Religion
Stupeflip est quelque chose d'ouvert. Tellement ouvert que les gens peuvent mettre ce qu'ils veulent dedans, même des choses personnelles.
BMG et les majors
Sur ce nouvel album on est en indépendant mais avec le manager / producteur historique du groupe. On est deux là-dessus, sans maison de disque. Je pense que Stupeflip n'était pas du tout fait pour se retrouver sur une major. Mais la personne avec qui je travaille en avait décidé ainsi, et avait monté le truc très haut parce que c'est ce qu'il aime faire. Il y allait à fond. Résultat : c'est venu trop vite, les grosses scènes, trop d'excitation... Donc Michel fait partie de Stupeflip et s'occupe du côté obscur de la force. Ce monde de faux-semblant qu'est le milieu du show-business, de l'argent (rires).
Vengeance
Je n'ai toujours pas assouvi ma vengeance, c'est terrible. Une vengeance inassouvie il n'y a rien de pire. J'en veux aux gens qui viennent te voir en te disant « la vie est un combat ». Ce sont eux qui alimentent le moulin de l'informe (rires).
« Hypnoflip Invasion »
Ce nouvel album, contrairement aux autres, peut être écouté par extraits. On peut en extraire un morceau pour l'écouter séparemment du reste, un peu plus que sur les deux précédents albums. C'est peut être un tout petit peu moins une histoire que les deux autres. Mais c'est ce que vous allez manger (rires). Car on va vous vendre du Stupeflip jusque sur les dessous de plats MacDonald. Méfiez-vous...
Plus électro
On voulait faire quelque chose de plus clair. Ce que j'aime c'est le clavier et les choses assez claires. Et finalement la guitare électrique trouble un peu le son, je trouve. Je trouvais que c'était une façon de revenir marrante par rapport à ce que les gens attendent. C'était pour les embêter un peu... Mais il y aura quand même des guitares sur scène, ne vous inquiétez pas les gars !
Pochette réalisée par King Ju lui-même
Le culte Stupeflip
Ceux qui aiment vraiment Stupeflip et qui ont compris un peu le truc sont des gens qui ont compris qu'il faut être gentil. Stupeflip est quelque chose de très gentil. C'est assez bienveillant en fait. Mais il reste des zones d'ombre, des choses pas résolues. Les Terriens qui sont méchants c'est parce qu'ils ne vont pas bien eux-mêmes. Comme les gens racistes, xenophobes : ils se détestent eux-mêmes. L'homme a une certaine dose de méchanceté. Peut-être qu'il faut l'exprimer mais je pense qu'il faut être cool, gentil. Ce n'est pas un mot qui est la mode, ça ne veut rien dire.
Les régions
On arrive au terme de la trilogie mais Stupeflip continue à vivre. Beaucoup de gens passent complètement à côté de l'histoire des régions. Il restait une région, c'est l'Est, que l'on a traité sur le troisième album. Maintenant qu'on a fait toutes les régions on va commencer les autres pays.
Les influencés
Il y a un groupe qui s'appelle Karlit & Kabok qui pourrait être dans la veine de Stupeflip...
Insulter le public
C'est mal élevé d'insulter le public, c'est pas bien ! C'était marrant à l'époque, j'insultais les gens, il y avait 2000 ou 6000 personnes et après les concerts il y a des mecs qui venaient me voir dans la loge et qui me disaient : "en tous cas, les insultes, je ne les ai pas prises pour moi" (rires).
Propos recueillis par Indiana Run
02/2011 | Photo : DR