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Quel est le concept
derrière le titre de l’album?
Le Panthéon c’est une symbolique, les gens qui sont enterrés là-bas sont
reconnus. C’est histoire de dire que le rap n’est pas assez reconnu. C’est
aussi une sorte de reconnaissance que je me donne à moi-même, si on peut
dire.
"Tallac" c’est le nom
de la structure que tu as crée et c’est aussi le titre du premier morceau de
l’album.
C’est un label que j’ai créé suite à mon départ de 45 Scientific. J’ai monté
cette structure pour signer une licence chez Barclay. J’ai commencé en
indépendant, il fallait que je garde un minimum d’indépendance avec la
licence, donc j’ai monté ce label. Je vais éventuellement sortir d’autres
artistes, mais pour l’instant je ne sais pas qui. Le morceau "Tallac" c’est
un peu mon univers. Le sample qui est dessus vient du dernier épisode du
dessin animé "Bouba l’Ourson". Je l’ai pris pour l’utiliser à ma sauce.
Est-ce que tu as
travaillé avec un réalisateur pour concevoir ton album?
Non, c’est un peu tout le monde qui travaille ensemble, les producteurs, l’ingé
son… Tout le monde donne son avis et on fait ça ensemble.
As-tu enregistré
beaucoup de morceaux? Combien y en a-t-il au final?
Non, juste ce qu’il fallait. Il y en a treize. Je ne me souviens plus du
premier titre que j’ai enregistré, mais j’ai commencé l’été dernier. J’ai
enregistré petit à petit, jusqu’à la fin. J’ai pris mon temps.
Quels producteurs
peut-on retrouver sur ton album? Comment les as-tu choisis ?
Il y a Animalsons, Kore & Skalp, Skread, Four Tracks, Médéline. Skread c’est
un de mes amis de Boulogne qui m’a apporté ses CDs. J’ai écouté et ça m’a
plu, alors je l’ai contacté. Il m’a fait écouter pas mal de sons et j’en ai
choisi deux. Kore & Skalp, ils font "La Faucheuse", "Bâtiment C", "Commis
d’office"…
Ça c’est le morceau
que tu as enregistré avec Mala?
Ce morceau, c’est un freestyle. On était en studio, on a kiffé l’instru,
alors on a posé dessus.
Sur ce titre, comme
sur d’autres, tu parles de l’esclavage et de ses conséquences. C’est quelque
chose qui te touche?
C’est normal que ça me touche, j’ai des origines sénégalaises. Quand tu vas
en Afrique et que tu vois la misère qu’il y a là-bas, tu te dis que ce n’est
pas normal alors qu’on est en 2004. Tu te dis que c’est le résultat du
passé.
Avant la sortie de
{Panthéon}, tu as hésité à inclure le morceau "Bâtiment C". Pour quelles
raisons?
C’était par rapport à la justice, je ne pouvais pas trop me permettre de le
balancer comme ça, c’était risqué pour moi. Finalement, on l’a un peu bipé.
On peut dire que c’est un défoulement. Je suis dur, parce que eux le sont
avec nous.
Dans "Hors-Saison" tu
rappes "j’ai pas le droit à l’erreur sinon mon contrat saute". Tu avais la
pression jusqu’à la sortie de l’album?
Oui c’est la réalité, vu l’état du marché ! On rend beaucoup de contrats à
l’heure qu’il est. C’est une façon de dire que c’est dur pour tout le monde.
Et qu’est ce que tu
te dis aujourd’hui? (Booba est rentré dans les charts avec plus de 40'000
exemplaires vendus pendant la première semaine ndlr)
Qu’on ne va pas me rendre mon contrat tout de suite !
Tes textes sont
toujours écrits sur le fil du rasoir. Est-ce que ça t’arrive d’enlever des
phases que tu trouverais trop hardcore?
Si j’enlève une phase c’est parce qu’elle va être naze au niveau du
texte, jamais parce qu’elle est trop violente.
Tu construis toujours
tes raps comme un "puzzle de mots et de pensées"?
Souvent il n’y a pas de thème, c’est la plume qui parle, l’inspiration.
Ça peut être n’importe quand, n’importe où, avec ou sans musique.
Comment t’es venue
l’idée du morceau "Mon Son"?
Je ne sais pas, j’avais une rime, où je parlais de mon son. Je trouvais
original d’en parler à la troisième personne, comme si c’était un enfant,
alors j’ai continué là-dessus.
Il y a aussi le
morceau "R.A.P." avec Sir Doum’s?
"R.A.P." c’est un morceau qui est en rapport avec les initiales du titre. On
redéfinit leurs significations à notre manière.
Un des Dicidens est
invité sur "Baby"?
Ouais, Nessbeal est sur "Baby". C’est un morceau où on parle des filles, des
jeunes filles (rires). On dit ce qu’on pense de certaines filles, c’est
tout.
Il n’y a pas de
morceau avec le collectif 92I au complet. Est-ce que vous allez enregistrer
un album ensemble prochainement?
Non, ils sont éparpillés. Il y a un morceau avec I2S et Bram’s de la
Malekal, un avec Mala, Doum’s, Nessbeal. Pour l’instant il n’y a rien de
concret pour 92I, on travaille.
Tu as aussi
enregistré le morceau "Alter Ego" à New York avec l’artiste ragga Wayne
Wonder.
On a fait la connexion par rapport à Animalsons, On l’a contacté et on
lui a fait écouter le son. Par rapport à l’instru qu’on avait, c’est lui
qu’on voyait dessus. On avait des connexions avec d’autres jamaïcains, mais
c’est finalement lui qu’on a choisi.
Est-ce que tu avais
envisagé d’enregistrer un morceau avec un artiste américain pour cet album?
Est-ce que c’est quelque chose que tu prévois de faire dans le futur?
Non, pas vraiment. Si il y a une proposition, pourquoi pas?
Qu’est-ce qu’on
trouve sur le DVD qui accompagne l’album?
C’est un DVD d’une trentaine de minutes qui sort en édition limitée avec
l’album. Dessus, il y a des interviews, des images de nous en studio, en
concert…
Est-ce que tu as des
show cases ou des concerts prévus pour la sortie de l’album?
Il va peut-être y avoir des show cases à Paris et à Marseille. Ensuite, il y
a une tournée qui va se préparer, mais ça ne sera pas pour tout de suite,
pas avant la rentrée en tout cas…
Par contre, au mois
d’août tu vas partager la scène de Bercy avec 50 Cent. C’est un artiste que
tu écoutes?
Ouais, bien sûr, j’aime bien ce qu’il fait. C’est intéressant de faire ce
genre de scènes.
As-tu le temps
d’écouter beaucoup d’albums? Si on devait on faire un top 3 de tes artistes
préférés?
Ouais, mais pas forcément les trucs les plus récents. Je ne sais pas, Nas,
Tupac et Biggie, c’est logique, c’est les meilleurs!
Tu es venu à Genève
pour un concert au mois de janvier, dont on peut d’ailleurs voir des
extraits sur le DVD. Tu as quelque chose à dire par rapport à notre pays?
La Suisse, on a l’habitude d’y aller. Ça faisait un moment qu’on n’était pas
venu. On a été bien accueilli et ça fait plaisir!
Propos recuillis par Equi
Photos: Willy Huvey
Mai 2004 |