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Il y a un certain
temps qui s'est écoulé entre la sortie des trois volets et celle de l'album 'L'Ombre sur la Mesure'. Comment s'est déroulé
la conception de ce premier album ?
Ekoué : Nous avons
mis deux ans pour le faire. On a coutume de dire qu'on conçoit cet album, et
le temps nous donne raison, comme un acte de résistance. Pour ça il fallait
s'inscrire en rupture tant au niveau artistique que de la démarche avec le
reste et donc voilà, je pense que le pari est réussi. Pour ça il nous a
fallu du temps, il nous a fallu faire des prototypes pour arriver avec cet
album.
A l'écoute, il y a
vraiment une ambiance propre qui se dégage ?
Ekoué : C'est le
premier album du groupe. Les volets étaient des fragments de la composante
du collectif, mais encore une fois, c'était l'antichambre de
'L'Ombre sur la Mesure'. Maintenant
l'album, il y a un certain professionnalisme qui est venu. On a gardé le
côté artisanal pour nos prods, mais tu sens qu'il y a un peu plus de sous
derrière. C'est vraiment le groupe dans son ensemble, c'est un voyage au
bout de la Rumeur.
Il n'y a que trois
morceaux sur lesquels vous posez tous les quatre. Pourquoi ça ?
Ekoué : Je sais pas,
on ne s'appelle pas la Fonky Family ou quel autre tartuffe, où ils sont
quatre pour raconter la même chose. On préfère être seul sur un morceau et
exploiter un thème en profondeur plutôt que d'être quatre et de le faire
n'importe comment. Maintenant, les morceaux à quatre sont des traits
d'unions entre les différentes étapes de l'album.
'L'Ombre sur la Mesure'
est sorti cinq jours avant le premier tour des élections présidentielles
françaises en 2002. Comment avez-vous vécu cet événement ?
Ekoué : Il est sorti
le 16 parce c'était prévu comme ça. Après ce qui s'est passé cinq jours plus
tard... A l'époque nous avons tenu des positions assez atypiques. Nous ne
sommes allé voter ni pour l'un ni pour l'autre, notre participation
citoyenne a été cet album.
Hamé : Ça ne veut
pas dire que nous y étions indifférents. Mais cet espèce de climat entre les
deux tours ou Chirac apparaissait du jour au lendemain comme un sauveur
suprême de la civilisation face à la barbarie a fait fantasmer beaucoup de
gens. Certains ont eu le sentiment de prendre le maquis avec Jean Moulin,
alors que je pense que ça a été une grande foire. Nous avons gardé les
positions qu'on a par rapport à l'un et l'autre des candidats, et à plus
forte raison par rapport à Chirac, puisqu'il c'est lui qui a été au pouvoir,
qui a participé aux décisions qui ont conduit à la détérioration des
conditions de vie dans nos quartiers, le pays je t'en parle même pas... Il
ne faut pas oublier que Chirac c'est aussi l'homme des réseaux
trans-Afrique, il représente cette tendance là. On n'a pas regardé ça avec un
regard hexagonal fermé sur nous-mêmes. On a point de vue qui est double. On
est issu de l'immigration. Les rapports entre la France et l'Afrique ont été
et sont toujours des rapports de pillage, d'exploitation, de mépris. Pour le
vote, nous sommes abstentionniste par conviction, pas par dépit ou par "j'm'en
foutisme". Sur l'échiquier politique en France Il n'y a pas un candidat
politique qui est à même de porter nos aspirations et de parler vrai par
rapport à tout ce qui a défiguré les quartiers.
Votre album est
construit autour de trois thèmes principaux, la vie dans les quartiers,
l'univers musical et les conséquences de la colonisation. C'était
important pour vous de parler de vos origines ?
Ekoué : Forcément,
c'est notre réalité. Nous sommes des immigrés de première génération,
deuxième génération. Les nouvelles du pays sont quotidiennes. C'est super
important pour nous de parler de ça, parce que c'est trop absent dans le
rap. Les préoccupations de la plupart rappeurs on sait ce qu'elles sont et
ce que ça donne aujourd'hui. Nous, on veut ressembler à tout sauf à ça. On
considère que le Hip Hop c'est parler de soi même et de décrire son
environnement. Le notre il est issu des quartiers de France mais il est
aussi africain.
Comment voyez-vous la
situation dans vos pays d'origine aujourd'hui ?
Ekoué : Ce qu'il
faudrait déjà, c'est chasser les dictateurs en place pour qu'on soit enfin
souverain de notre économie, notre sol et nos ressources, mais ça ne va pas
être une mince affaire. De là à aller contribuer à l'économie dictatoriale
du coin, personnellement ce n'est pas ce qui me motive le plus.
Hamé : Nous n'avons pas le pouvoir d'être initiateurs de projets qui
soient à rebours et en rupture avec les autorités politiques de ces pays et
qui sont liées organiquement à L'Elysée. Nous n'avons pas non plus la
prétention d'avoir la clé, l'issue de ce qui passe dans nos pays. Nous avons
notre analyse.
Ekoué : Le problème est simple. C'est la propagande néocoloniale qui
est basée sur la psychose, la complexité, alors que les problèmes sont
simples. Il y a un pillage qui est constant, point. C'est le moteur de leur
industrie.
Hamé : L'économie française et européenne ne serait rien aujourd'hui
sans le pillage des ressources du sous-sol africain par des compagnies style
Elf. Sans ces vols et ces expropriations, la France s'arrête de fonctionner
. Je ne te parle même pas de la main d'oeuvre qui est jetée par dizaine de
milliers à venir frapper aux portes de l'Europe parce que là-bas toutes les
richesses ont été prises.
Comment vous placez-vous
par rapport au thème de la rue et la manière d'en parler qu'ont d'autres
groupes ?
Ekoué : Encore une
fois, le rap on ne l'a pas inventé. Il est issu de cette réalité là, après
il y a la façon dont tu en parles. La rue, il s'y passe des choses positives
et négatives.
Philippe : On parle
des villes dortoirs, quand tu es amené à travailler sur Paris et à rentrer
en banlieue pour dormir. Passé 22 heures il n'y a plus rien d'ouvert alors
forcément de temps en temps il s'y passe quelque chose et ça donne de
l'événementiel pour les quotidiens du coins. C'est ce côté ville dortoir
qu'on essaie de décrire dans la partie de l'album qui parle des quartiers.
Ekoué : L'ennui, la
galère c'est aussi ça. Il ne faut pas croire que la banlieue c'est des feux
d'artifice, des coups de feu tous les jours. Bien sûr qu'il s'y passe des
choses, comme partout. Maintenant, c'est aussi ça qui nous différencie des
autres groupes, nous, on ne fait pas dans le spectaculaire. Quelque part, le
plus spectaculaire en banlieue, c'est la désertification des commerçants, la
léthargie du quotidien.
Après les trois volets
enregistrés en indépendant, l'album est sorti au sein d'une major. Comment
s'est passé ce changement ?
Mourad : C'est vrai
qu'il y a eu un changement entre les volets et l'album, qu'il y a eu
un apport de moyens plus conséquents. La différence, c'est que ce n'est pas
parce qu'on est passé sur une major, que notre quotidien s'est mis à briller
d'un coup, qu'on s'est retrouvé avec des grosses voitures et des beaux
appartements en bord de plage. Ça nous a juste permis de sortir l'album
qu'on voulait apporter au public qui nous attendait. Pour ce qui est de la
promotion, on s'est penché ardûment sur la question. Nous avons essayé de
sortir des clichés, c'est à dire coller des stickers, des affiches, donner
des cassettes dans la rue, ce qui ne sert strictement à rien. On s'est dit
pourquoi ne pas véhiculer les idées de notre album via notre propre média.
Donc nous avons décidé de sortir un petit magazine qui montre les facettes
des membres du groupe.
Ekoué : Nous l'avons
fait avec nos moyens, nous ne sommes pas journalistes. C'est un billet
d'humeur. Même si, vu l'état de la presse spécialisée en France, ce n'est pas
difficile de faire mieux... Nous savions de toute façon que nous allions
être sollicités par les majors après la trilogie, mais le véritable
challenge était d'achève ce projet [La Trilogie] en indépendant, avoir
connaissance des circuits scéniques et radiophoniques, tourner avec la
trilogie. D'un maxi à l'autre, nous avons appris à connaître la scène, des
contacts. L'album on savait qu'on allait le sortir dans une configuration
major, mais le véritable challenge était de sortir un tel album dans une
major. Le tout c'est d'imposer ses idées, mais ils n'avaient pas le choix.
Hamé : Les majors
n'étaient pas non plus désintéressées. Il y beaucoup d'argent en jeu et c'est
une réalité différente, même si sur le fond ça reste la même chose. En
termes de moyens de pressions, de formatage et de marketing c'est beaucoup
plus gigantesque. Maintenant notre indépendance, cette jalousie qu'on a par
rapport à nos propres oeuvres, il a fallu la gagner. Mais au départ, ce sont
les majors qui nous ont sollicité. On s'est fait courtiser par un certain
nombre de producteurs et nous avons pu disposer. La trilogie, on peut en
penser ce qu'on veut, mais ça nous a permis d'avoir un ascendant. Après ça,
je ne te dis pas que ça a été un chemin bordé de tulipes. Il y a eu des
conflits, des pressions, par rapport à des questions de délai notamment.
L'idéal pour eux aurait été qu'on sorte l'album très rapidement pour qu'il
soit promotionné comme ils ont l'habitude de le faire. L'album devait
sortir un an et demi plus tôt... Après, nous avons écarté la plupart des
schémas de marketing qu'on nous a proposé. Ça risquait de trop dénaturer ce
qu'on voulait faire. La promotion autour de l'album elle a été assez maigre
par rapport à ce que certains déploient. On aurait très bien pu disposer de
moyens pour faire dix fois plus. Après c'est un choix, ça a toujours été le
propre de notre démarche. Le matraquage, cette espèce de truc à saturation
où un morceau est balancé cinq ou six fois dans la journée, c'est aussi quelque
chose auquel on s'attaque. Nous avons fait le magazine, les trois clips,
pièce par pièce, nous avons empilé les éléments. Nous avons pris le temps de
les penser.
Pour en revenir à votre
magazine, que s'est-il passé exactement?
Ekoué : Il y a eu une
plainte de Skyrock par rapport à l'article "Ne sortez plus sans votre gilet
par-balles". Comme ce sont des gens très courageux, tout ce qu'il ont trouvé
de plus intelligent à faire, ça a été d'amener cet article aux flics pour
qu'il y ait des sanctions. Comme on le dit dans nos lyrics, ce sont des
balances. Il y en a dans le business du rap comme il y en a dans la rue. Eux ils ont en
fait partie. Ensuite il y a eu la plainte par rapport à l'article de Hamé
"L'insécurité sous la plume d'un barbare". Le ministère de l'intérieur nous
est tombés dessus avec une plainte pour diffamation publique envers la
police nationale.
Que pensez vous de ce
show qui est fait autour de l'insécurité ?
Ekoué : Comme on le
disait tout à l'heure, 21 avril ou pas, le fascisme est en bonne voie...
Effectivement tu vois plus de flics, ils sont plus arrogants. Mais comme on
le dit souvent, on préfère avoir de vrais ennemis que de faux alliés. Sous
la gauche il y a eu beaucoup de bavures, peut-être même plus que sous le
gouvernement actuel.
Hamé : Ça change
peut être quelque chose dans le visuel pour les gens qui n'avaient pas trop
l'habitude de les voir jusqu'à là...
Ekoué : Des flics,
j'en ai toujours vu, que ça soit dans les trains de banlieue, dans le
métro... Depuis Vigie Pirate en 1995 ça ne s'ait jamais arrêté, ça s'est
intensifié et ce sont toujours les mêmes qui morflent.
Hamé : Ce qui se
fait aujourd'hui ne fait que reprendre ce qui a déjà été proposé par les
gouvernements précédents. Comme ils possèdent une majorité écrasante, ils en
profitent pour charger la barque, mais c'est dans la continuité de ce que
faisait le gouvernement Jospin et ainsi de suite. Nous on sait que ce n'est
pas une solution, la solution est dans le partage des richesses.
Au niveau musical, 'L'Ombre sur la Mesure' est vraiment
partagé entre deux types d'ambiances ?
Ekoué : Pour les
sons, il y a deux vibes dans le groupe. Au niveau des samples, c'est
vachement films des années quarante cinquante, ce son-là c'est la griffe
originelle de La Rumeur et c'est ce qu'on entend développer. Après il y a
des morceaux plus bourrins comme "Nous sommes les premiers...", "Le
Prédateur Isolé", "On frappera", parce qu'on aime bien aussi la grosse funk
genre Clinton.
La plupart de vos
refrains sont assez simples, dépouillés. Pourquoi ça ?
Ekoué : Nous on a
rapport très minimaliste par rapport à notre musique. Tu as un couplet de 16
ou 32 mesures et le refrain va être la synthèse de ces 32 mesures, une
phrase simple qui te rentre dans la tête.
Hamé
: On est plus partisan d'un classicisme Hip Hop. On a des partis pris
minimalistes, épurés, une espèce d'atmosphère posée avant tout, et moins le
truc qui va réagir sur la dernière mouvance ricaine.
Ekoué : Le problème
c'est que la musique aujourd'hui est polluée par des mecs qui complexifient
les refrains, avec des voix, des sous voix, moi je peux pas ! A la Gangstarr,
à la Mobb Deep, nous on est de cette école là. Le rap et des refrains
simples. Après tu vois leur efficacité sur scène. Quand tu as un refrain
simple qui rentre dans le dancefloor et qui accompagne la musique c'est ça
l'efficacité pour moi. C'est comme par rapport au rap. C'est sur scène que
tu vois si t'as le flow, quand tu es clair au micro, intelligible, et que la
musicalité de ton débit accompagne le son. Si les gens ont déjà du mal à
te comprendre sur un disque, alors sur scène on va encore moins comprendre.
Aujourd'hui, les mecs ont des codes complètement biaisés en France, c'est
pour ça que le rap se mord la queue et qu'il n'intéresse plus personne. Ces
mecs ont oublié que l'essence de cette musique c'est l'intelligibilité, et
c'est tout un travail. Ensuite, il y a aussi l'aspect rythmique que tu donne à tes
phases, je pense que moins ça te heurte à l'oreille, et plus c'est abouti.
Hamé
: Le débat du flow, c'est hyper subjectif, chacun va prétendre avoir sa
définition...
Ekoué : Le truc est
simple. Si tu prends quelqu'un qui n'écoute pas de rap et qu'il arrive à te
comprendre et qu'il arrive à te contester sur le fond, c'est que tu as
suffisamment travaillé la forme pour faire rentrer tes paroles dans ses
oreilles, c'est tout...
Hamé
: Le rap on le conçoit avant tout comme une parole qu'on se réapproprie.
C'est un acte de réappropriation, une parole que l'on arrache. Ca ne sert à
rien, si après tout ces efforts, tu arrives avec une espèce de bouillie,
avec une singerie américaine à chaque syllabe et ou tu essaies de
contorsionner le français pour arriver à sonner comme le flow de tel untel
qui marche aux Etats-Unis. Le Hip Hop on sait d'où ça vient, mais là ou nous
avons une carte à jouer, qui est sous estimée je trouve, c'est d'y imprimer
notre identité, que ça soit un rap qu'on ne puisse pas faire ailleurs qu'à
Paris, de la même manière que les rappeurs de la East Coast ou West Coast
composent avec leur environnement, leur background culturel et musical. S'il
faut s'inspirer des américains il faut le faire intelligemment. Leur
démarche te renvoie à toi-même, à ta propre histoire. L'univers des samples,
ce qu'on essaie de développer dans l'album, c'est réellement nous.
A l'opposé, il y a aussi
des morceaux comme "Le Prédateur Isolé" ?
Ekoué
: C'est un son adrénaline, à l'instar de titres comme "Nous sommes les
premiers..." ou "Le Silence de ma Rue". C'est clair que c'est aux antipodes
d'un son épuré comme "Les Petites Annonces du Carnage" ou "Les Coulisses de
l'Angoisse" où le sample est mis en avant. Quand on a sorti le maxi [du
"Prédateur Isolé"], autant la réaction était mortelle mais quelque part les
fans de la premier heure n'ont pas compris pourquoi on pouvait poser sur un
son comme ça, mais ils l'ont compris après avoir écouté l'album. Notre
définition peut parfois être du vitriol pur mais aussi de l'eau dans son
vitriol. Personnellement, un morceau comme "L'Ombre sur la Mesure" c'est
pour moi la définition parfaite du hardcore, c'est un morceau d'une
violence inouïe, surtout par rapport au contexte actuelle avec cette espèce
de psychose autour des bombes. On installe une ambiance "main de fer dans un
gant de velours" avec ce sample de piano. On a aussi des morceaux moins
soignés, on t'envoie ça dans la gueule. C'est ça aussi ça La Rumeur, c'est
des sons que tu mets dans une salle de boxe. Des trucs adrénalines. On était
soucieux d'avoir une palette suffisamment large pour qu'en arrivant sur
scène, ça nous représente vraiment, avec un aspect solennel, un aspect
adrénaline et un aspect inquiétant, il faut que ces trois conditions soient
réunies. Il faut aussi un aspect émotionnel avec des morceaux comme "Le Cuir
Usé d'une Valise" ou "365 Jours", c'est quelque chose de très fort quand
nous les interprétons sur scène.
Pour terminer, qu'en
est-il de "Nous sommes les premiers..." ?
Ekoué : Nous sommes rentrés dans un nouveau cycle
avec ce morceau. C'est le constat le plus
dur qu'on puisse faire sur l'état du rap français, avec un refrain qui est
assez explicite. C'est un peu à l'instar du titre sur Akhenaton, mais avec
ce titre tout le monde en a pour son compte, Skyrock en premier. Les
émissions du soir ne veulent surtout pas jouer des groupes comme nous car
nous faisons de l'ombre à leurs poulains, c'est logique. Aujourd'hui, la
Rumeur vend des disques, beaucoup plus que la plupart des artistes qui
passent sur Skyrock. Ces mecs savent que plus le phénomène commence à
prendre, plus leurs intérêts sont touchés directement. Contrairement à
d'autres radios, les émissions spés de l'autre toxico et toute la clique ne
peuvent pas nous jouer. Nous ont se permet de dire ce que nous pensons
d'eux, mais eux ne le feront jamais. Aujourd'hui c'est nous qui sommes en
position de force, c'est nous qui avons la crédibilité, les autres ont peur
de ça...
Le mot de la fin ?
Philippe : Ne sortez
plus sans votre gilet par-balles !
Propos recueillis par Equi
Photo: D.R. |