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Qui es-tu ?
Moubaraka, Mc du 94. Ça fait à peu près six ans que je suis dans le rap, voir un peu plus. J’avais déjà sorti un premier Street-album, "L’envie de percer", en 2006. On arrive en 2009 avec un nouveau projet, "Déterminé avant l’album".
Où as-tu grandis ?
A la base je suis des Comores. Je suis né en France, j’ai grandit et j’ai fais ma scolarité ici. Vers l’âge de seize ans on m’a envoyé au bled parce qu’ici je prenais une mauvaise tournure. Mes parents voulaient que je vois la réalité des choses. Là-bas, il n’y a rien, peu de moyens, les mecs souffrent. Alors qu’ici on a tout. Ils voulaient me mettre face à la misère. Rien n’est acquis. J’y suis resté trois ans. Et c’est en revenant que j’ai commencé le rap.
Tes premières armes ?
J’ai commencé à rapper avec des mecs du bled comme Tcheck S-Ki, et sa bande… Dès mon retour en France j’ai voulu sortir un Street, tout seul. Et puis on a enchaîné. Et comme on dit, on est toujours là, avec "la rage du bled". C’est le titre d’un morceau sur "L’envie de percer", c’est ce qui me définit. On a fait "la rage du bled 2" sur le nouveau projet "Déterminé avant l’album", avec Alpha 5.20. On a fait un truc encore dix fois plus lourd. Après c’est au public de trancher.
Entre temps ?
J’ai essayé de rester sur le terrain, faire un maximum de compilations, mixtapes, apparitions, avec des mc’s, qu’ils soient reconnus ou pas. En tout il y a eu au moins 200 apparitions, en comptant aussi celles qui ne sont pas sorties. Pour moi, un mc doit faire ça. Aux States ils carburent à ça. C’est pas facile mais rien ne l’est dans la vie. Il faut toujours être là, faire des sacrifices. C’est pas que tu mets ta famille de côté, jamais. Tu n’oublie pas d’où tu viens. Il faut traverser la France, aller dans le Nord ou à Marseille… Tout ça sans moyen de transport.
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, Dieu merci, il y a une structure qui m’aide : Active Force. Je me concentre sur mes textes, il n’y a pas de contraintes derrière. Ça me laisse plus de temps pour travailler mes textes, mes concepts, aller à l’essentiel. Et mon label s’occupe de tout le reste.
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"L’envie de percer" ?
Sur le premier Street-cd, les productions étaient de Madkill, qui travaille avec ATK, Spike Miller, qu’on retrouve sur le deuxième Street-cd, ainsi que phénoménal Production, qui a fait la prod du titre "Espérance", avec Soprano. Il y avait 21 morceaux bien chargés. Pas mal de Featurings : Soprano, MacKregor (Tandem), Kamelancien, Alibi Montana, Sefyu, Alpha 5.20. Tout s’est fait au feeling. Les gens étaient étonnés de me voir débarquer comme ça de nulle part.
"Déterminé avant l’album" ?
Il y a des prods de BKS US, un pote de Montreuil avec des origines américaines. Ça l’a amené à souvent se déplacer aux States. Il s’y est installé il y a six ans et s’est fait des contacts là-bas, notamment avec l’équipe de Akon. Il a aussi fait une prod pour le dernier album de Booba. Il y a aussi Force United, notre équipe à nous.
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Force United ?
C’est l’équipe de beatmakers Franco-américaine du label Active Force. On a des mecs qui travaillent aux Etats-Unis, d’autres qui travaillent en France. C’est mon Staff qui les a démarché. Ils ont fait des allers-retours là-bas. Tu auras l’occasion d’entendre d’autres productions d’eux sur le projet "Active Force". On y retrouve des Mc’s français posant sur des Instrus US exclusives.
Qui d’autre à la prod ?
Il y a aussi Spike Miller, que je connais du bled, on était au lycée ensemble. Je connais bien sa famille et lui la mienne. A l’époque il n’était pas connu. Il était obligé de me faire des prods, c’est la famille, les Comores ! Il en fera d’autres sur l’album à venir. Il y aussi Killaz, de l’équipe de MacKregor, Hematom. Je ne peux pas rapper sur une instru que je n’aime pas. Enfin il y a l’Orphèvre phénoménal, c’est mon pote, il est assez underground. C’est lui qui a fait la prod pour le morceau avec Soprano, "Espérance". Il est en train de monter. Il a fait des prods pour LIM, Kamelancien… c’est une valeur sure pour les beatmakers français.
Les Comores ?
C’est une communauté qui s’entraide beaucoup. Il y a Soprano, Boss One du Troisième Oeil, Menzo de la Fonky Family… ils sont tous comoriens. Quand je vais à Marseille je me sens chez moi. Ils ont dû décider de s’arrêter dans le sud, c’était déjà pas mal ! (rires)
"Espérance" ?
Le thème c’est : même s’il t’arrive des moments de galère, il faut croire en toi, ne jamais baisser les bras. Croire en sa force, aller de l’avant. C’est le message qu’on a voulu faire passer. J’étais dans une période de questionnement, de doute. Et Soprano m’a répondu avec le refrain : "si tu n’y crois pas, il faut avancer pas à pas, etc." C’est un message universel, si tu as un genou par terre, tu peux te relever et continuer à te battre. On l’a aussi clippé à Marseille. C’est Bibi Naceri, le grand frère de Samy, qui l’a réalisé. Le clip a bien tourné sur internet.
Enrique Diaz
C’était une belle coopération rap-opéra. C’est une grande voix de ténor. Le concept est de lui ; c’est inédit et unique cette fusion.. Il y aussi un clip qui a été fait, tourné principalement dans l’amphithéâtre d’orange. Le titre n’apparaît pas sur le Street-cd car comme le son est lourd, on préfère le garder pour l’album. Nous avons eu énormément de bon retour dessus.
La sortie de l’album est prévue pour courant 2010, inch’ allah.
Propos recueillis par Bongo Août 2009 |
Photo : DR
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