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    Interview - Diomay

Fort de sa double origine, Antillais-Sénégalais, Diomay, de son prénom dans le civil, débarque avec un premier album riche et varié, 'Mwen Ka Galsen'. Le basketteur du 12ème arrondissement a accepté de se prêter, avec ses collègues Kopda's et Vantard, au jeu des questions réponses, dans un café de la galerie du Louvre. Micro test, un, deux.

Site Web : www.skythelimit.net


Quels sont tes origines ?

Je suis né en France, mon père est sénégalais et ma mère est de la Guadeloupe.

Y es tu déjà allé ?

Pas encore au Sénégal mais en Guadeloupe, oui souvent. Je vais essayer d'aller au Sénégal cet été.

Est-ce que tu peux nous parler de ton expérience dans le basket ?

J'ai commencé le basket bien avant le rap. On a essayé de jouer au foot mais ça fonctionnait pas trop. Donc on a commencé avec le basket et c'est là que j'ai rencontré Salif et EXS. Là on a commencé à faire les tournois "Converse" qu'il y avait à l'époque, sur Paris. Et puis j'avais un plan pour aller jouer dans un collège aux Etats-Unis donc je suis parti trois mois là bas faire des essais. Après, comme je ne suivais pas trop les entraînements, j'ai préféré rentrer. Et une fois rentré, j'ai suivi Salif et EXS qui étaient déjà bien implantés au niveau des mixtapes et tout ça, j'ai essayé de suivre le mouvement... C'est par rapport à ça que je m'y suis mis, j'ai toujours été admiratif de ce qu'ils faisaient et ça m'a donné envie de le faire aussi.

Parle nous de tes collaborations avec les deux membres de Nysay : Salif et EXS

On a fait énormément de choses ensemble. C'est donc avec eux que j'ai fais mes premières mixtapes : celle de Dj Pray One, 'MCs En Faction', 'La Tuerie'... Avec le Denzel Zoo, on aimait bien représenter ce genre de crew chaque fois qu'on était ensemble sur un morceau. Puis chacun à fait son chemin parce qu'ils avaient leur groupe et moi le mien.

Peux-tu nous raconter tes débuts avec Granit ?

Granit vient du 12ème arrondissement comme moi. Lui et moi avions la même détermination au niveau de la musique donc naturellement, ça a collé tout de suite. On se connaît depuis un bon bout de temps et on a donc décidé de monter le groupe Diomay & Granit. Si on avait pas de nom de groupe à l'époque c'est parce qu'on avait pas vraiment trouvé et parce qu'on était deux entités différentes. Donc on a gardé Diomay & Granit, un peu comme Capone & Norega.

Comment le basket t'a-t-il amené au Hip Hop ?

En fait pour moi, le basket et le hip hop ont toujours été lié. Quand j'allais faire des tournois, il y avait toujours du son rap donc ça allait de paire. Une fois que j'ai arrêté un peu de jouer au basket, je me suis mis plus sérieusement au rap car j'avais appris énormément de truc aux USA où il était déjà très développé. Quand je suis rentré vers 1997, le rap français était également en pleine expansion. Ça m'a motivé, j'ai mis la gomme, Granit avait envie de suivre. Il y avait Fredo de la Brigade qui était dans le même quartier qui nous a beaucoup aidé. On a donc continuer avec lui, il nous a introduit sur des mixtapes comme 'Néochrome'. C'est avec lui que tout a commencé, il nous a lancé et on a pris notre envol !

Explique nous comment s'est montée votre structure : Sky The Limit Records

En fait, Kopda's est mon cousin, il travaille depuis longtemps dans le management, notamment avec ATK. J'ai donc pensé à lui naturellement. Quand tu veux monter quelque chose, rares sont les personnes prêtes à suivre un projet quand il n'est pas palpable au départ. C'est aussi naturellement que Vantard nous a rejoint, il était là 24 heures sur 24, à écouter des musiques, à parler de rap pendants des heures. Donc le jour où je lui ai proposé de se lancer dans l'aventure, il n'a pas hésité une seule seconde. On s'est donc retrouvé tous les trois, Kopda's, Vantard et moi, trois personnes très différentes. Mais à partir du moment où on veut la même chose, on arrive toujours à se comprendre et à trouver un terrain d'entente qui fait que ça fonctionne bien.

Parle nous de l'album, comment ce projet s'est-il mis en place ?

L'album a commencé à se mettre en place juste avant Sky The Limit. On n'avait pas encore de pseudo pour le label ou quoi que ce soit, on savait juste qu'il fallait mettre un produit rapidement sur le marché. Dès le départ, j'ai commencé à m'organiser : j'avais quelque morceaux que j'avais pris à Salif qui a produit pas mal de morceau, 70% de l'album. Ensuite, on s'est occupé de démarcher les autres mecs qui faisaient des sons, c'est à dire Boo Treve, Axis d'ATK, Phenovenom, Loko... Ça n'a pas été très compliqué parce qu'on connaissait déjà la moitié des personnes. On a donc commencé par chercher les sons. Une fois qu'on les a eu, je me suis enfermé pour travailler jusqu'au moment de poser. On faisait un titre par semaine, on était vraiment dans l'ambiance de l'album. Tous les jours on était dessus à essayer de trouver des idées, des interludes, des choses à rajouter. Vantard et Kopda ont fait des interludes. Ça s'est donc passé comme ça : j'ai écris l'album tout seul mais on l'a beaucoup pensé à trois, on s'est beaucoup concerté jusqu'au titre de l'album, pour être sur de ne pas avoir de regret par la suite. De même que pour la pochette sur laquelle on voulait aussi s'appliquer. Elle fait pas très rap mais on a voulu se démarquer même par rapport à ça. Sachant qu'on était en autoprod et que les albums autoproduits sont rarement de bonne qualité aux niveaux des visus, on avait besoin de faire quelque chose de propre pour avoir au moins une chance d'être considéré par les Fnac et autres magasins.

Quel est le délire sur l'interlude de Vantard ?

Vantard : C'était un peu pour caricaturer. Comme le nom de l'album est spécifique : 'Mwen Ka Galsen', c'est ses deux origines, antillais-sénégalais. Pour caricaturer, j'ai parler un peu de Papa Wamba, Pépé Kallé. C'est aussi parce que lors des photos en extérieurs, Diomay tapait des poses, c'était donc pour ironiser un peu quoi. On a eu beaucoup de retour via cette interlude, les gens l'ont trouvé marrante. On s'est quand même pris la tête pour les interludes. Il y en a trois dans l'album, on a mis plus de cinq jours pour les faire. Elles ont été scénarisées, retravaillées. On a mis plus de temps à faire les trois interludes qu'à enregistrer trois morceaux.

Diomay : En fait, il fallait que ce soit le plus crédible possible. Comme il y avait des acteurs dans la bande, on a joué sur tous les atouts qu'on avait. Vantard savait jouer plus ou moins la comédie, tout le monde était derrière le micro. Ça correspondait aussi à l'état d'esprit. Même si on avait des thèmes sérieux, on voulait montrer qu'on était large d'esprit et qu'on pouvait faire de l'autodérision, pas trop se prendre au sérieux.

Justement, quels sont les thèmes que tu abordes dans ce premier opus ?

Le thème de "Sous estimé" me tient à coeur. Je le dédicace à tous les artistes ou autres qui se lancent dans la musique. Parce qu'il est clair que dès que tu commence, tu te retrouve face à la réticence des gens qui te prennent pas vraiment au sérieux, tout simplement parce qu'ils ne t'entendent pas à la radio. Dès que les gens ne voient pas ton cd à la Fnac ou qu'ils ne t'entendent pas à la radio, on a l'impression que pour eux ce n'est pas de la musique, et c'est triste à dire. J'y parle à la première personne mais je pense à tout le monde parce que je pense ne pas être le seul à avoir eu des galères au départ. Il y a aussi des morceaux comme "Poésie", celui pour lequel nous sommes en train de réaliser un clip qui doit arriver incessamment sous peu. J'ai couché tous les sentiments que j'avais sur le coup, j'y parle donc d'énorme ment de chose, du statut social, de l'école, du travail. J'ai parlé de tout ce qui me passait par la tête, c'est pour ça que je l'ai appelé "Poésie" parce que je ne voulais pas donner un thème précis. Le morceau "Mwen Ka, Galsen" évoque mes origines. C'était pour le jeu de mot, un coup je parle de la Guadeloupe, un coup je parle du Sénégal. C'était pour le délire, histoire de... Le morceau "Diomay mon grand frère" était pour ma soeur. C'était un thème que je voulais aborder, je parle directement à ma soeur des erreurs à ne pas faire, de l'exemple à ne pas suivre, qui n'est pas forcément le mien. On a fait aussi un morceau qui s'appelle "C'est ça la vie" avec Indécis, un groupe R&B qui doit sortir quelque chose incessamment sous peu. C'est un morceau où on essaie de donner une touche d'espoir, d'arrêter de faire les pessimistes sans arrêt, ce qui est assez récurent dans le rap français. Apparemment, vu les nouveaux trucs qui sortent, nous ne sommes peut être pas les seuls à s'engager dans la bonne voix. Le morceau "Ca part en freestyle" parle de tout ce qui ne tourne pas rond, sans vouloir donner une vision chaotique de la chose, juste de dire avec un peu d'auto dérision ce qui ne va pas... Le morceau le plus égotrip est celui avec la Brigade, "Rendez-vous", qui évoque l'époque où j'ai commencé. A l'époque ils avaient déjà fait un morceau qui s'appelait "J'ai rendez-vous" il n'est jamais sorti, sauf en vinyle. Il y a eu peu de gens qui ont eu l'occasion de l'entendre.

Parle nous de Alpha 5.20...

Il avait fait appel à moi pour les mixtapes 'Rimes et Gloire' et 'Boss de Panam' auxquelles j'ai participé volontiers. On a toujours dit qu'il fallait qu'on fasse quelque chose ensemble. Donc quand j'ai commencé à faire l'album, j'ai pensé aux gens proches de moi. Avec des gens comme Salif, c'est un peu plus simple. J'ai pensé à Alpha 5.20, j'avais entendu ce qu'il faisait, je savais que ça déchirait. J'ai pas envie d'appeler la personne après qu'elle ait explosé. Quand tu sens qu'une personne a un potentiel, il ne faut pas attendre que son nom soit sur toutes les lèvres pour avoir le déclic de l'appeler ! C'est ce que j'ai fait avec Alpha 5.20. On travaille souvent ensemble mais jamais vraiment sur les mêmes projets ou sur les mêmes morceaux, c'était donc l'occasion.

Quel est le concept de cet album ?

Pour moi, pour avoir la chance d'avoir des morceaux réussis, il faut vraiment dire ce qu'on pense, ce qu'on a sur le coeur. C'est plutôt des morceaux mis bout à bout, sans concept particulier. Pour moi, un album de rap n'a pas forcément besoin de concept. C'est comme un album photo dans lequel tu met toutes les images que tu a envie d'y mettre, tous les sentiments que tu as. C'est ce que chacun devrait faire pour pas avoir à regretter quoi qu'il arrive, qu'il fonctionne ou pas.

Combien de temps au total as tu travaillé sur cet album ?

Je l'ai fais assez vite, disons trois mois. Au niveau des morceux, du visu de la pochette, la promo... J'avais déjà des morceaux de prêt et on a passé trois mois en studio.

Comment vous êtes vous organisé pour la distribution ?

En fait, on a eu deux sorties. Une en février où on a distribué l'album nous même dans les magasins spécialisés. Et comme ça fonctionnait pas trop mal, on a été récupérés par un distributeur qui nous a emmené dans des villes comme Nancy, Grenoble, Bordeaux, Marseille... MusiCast est quelqu'un qu'on connaît bien, on lui a donc fait confiance, pour le moment ça se passe bien. On a eu des échos de Province par Internet...

Justement, que penses tu du contact direct que tu peux avoir avec les auditeurs grâce à Internet ?

En fait, c'est à double tranchant. Il y a l'auditeur qui a envie de te témoigner sa sympathie par rapport à ton travail. Et il y a ceux qui sont derrière leur ordinateur et qui ont envie de dire n'importe quoi, qui sont déjà blasé par le rap français et qui donnent leur avis juste pour donner leur avis. Il y en a qui sont positifs et font des critiques constructives et il y a ceux qui t'attendent au tournant pour te descendre. Pour moi, ça reste quand même une bonne chose.

Kopda's : Ça nous a permis de rencontrer des gens à l'étranger, aussi bien en Europe, au Canada. En ce moment, on est souvent en contact avec un espagnol qui nous a commandé l'album et des mixtapes. De même qu'un polonais qui a un site internet où il avait fait une super présentation de Diomay avec tous les projets, même certains que je n'avais pas ! Un allemand également... Il y a plein de monde, qui n'ont pas la chance d'accéder à la presse spécialisée française mais qui, grâce à Internet, peuvent connaître des artistes.

Ton avis sur le piratage ?

Quand t'es artiste, tu te sens vraiment concerné. Si je ne l'étais pas, je ne sais pas si je pourrais être honnête avec toi. C'est clair que la musique rap est touchée plus que les autres par le piratage parce qu'ils ont peut être l'impression qu'on se prend moins la tête que sur un album de Céline Dion ! Il se disent peut être que le rap ce n'est pas très compliqué, que ça coûte pas très cher, donc le télécharger, c'est pas un mal. Mais si les gens veulent que les choses changent, il faut que d'une part, les auditeurs continuent d'acheter des disques mais aussi que ceux qui les fabriquent les vendent moins cher. Il faut trouver le moyen de baisser les prix d'une façon où d'une autre. Sinon, il n'y aura pas de gagnant. Il faut aussi mettre plus de morceaux sur les albums.

Quels sont tes prochains projets ?

Il y a des trucs avant le deuxième album. J'ai été énormément sollicité pour des mixtapes et des albums. Je ne reste jamais sans rien faire. Naturellement j'ai enchaîné tous ces projets, ça devrait arriver incessamment sous peu. Sinon, je commence déjà à récupérer des musiques pour la suite. Si tu prend de l'avance, tu gère plus facilement. Ça me permet de gagner du temps et de commencer l'enregistrement du deuxième album. Tu nous verra sur scène en septembre. L'actualité chaude, c'est la sortie du clip qui est imminente.

Le mot de la fin

Merci à ceux qui nous soutiennent. Ça fait plaisir de savoir qu'il y a des gens qui s'intéressent. On va travailler dur pour essayer de continuer à plaire sur le deuxième album si on n'a pas convaincu sur le premier. On va essayer de ramener des morceaux intéressants. Merci encore.

Propos recueillis par Bongo
Photo: D.R.
Mai 2004