Après un premier album sous estimé sorti en 1997, les Expression Direkt ont appris une chose: mieux vaut régner en enfer que servir au paradis. En se basant sur cette idée, les membres du puissant groupe ont décidé de revenir en indépendant pour être encore plus maîtres du business qu’ils dominent: la musique et de surcroît, la bonne musique.
« Ne plus servir au paradis » car malgré des morceaux en béton armé, la première tentative d’invasion mise en place par le groupe de Mantes-la-Jolie fut un un échec, relatif, car ce sont les ventes qui n’ont pas suivi. L’album, lui, méritait au moins d’être platine. Pour ce second album, une ambiance générale se dégage: l’envie de se faire plaisir et balancer des bombes à chaque track.
Pour accomplir cette mission, nous avons déjà droit à la mise en place de cinq bombes chimiques qui sont certaines de faire mouche. En effet, pour faire plaisir aux gens qui les suivent depuis longtemps, le groupe nous offre 5 titres qui ont marqué l’histoire d’Expression Direkt. Et quels titres! Que des classiques: « Mon esprit part en couilles », le titre qui avait choqué en profondeur l’underground lors de sa sortie (et que l’on peut entendre dans une scène du film La Haine, NDR); l’inoubliable « Dealer pour survivre » (présent sur les Musiques Inspirées Du Film La Haine, NDR), dans la même lignée, à forte tendance funk « sans faire de funky » bien sûr. Les trois derniers titres sont tirés du légendaire album « Guet-apens », révolutionnaire à l’époque de par son côté « l’underground plus fort que les majors ». Les titres en question sont « Au sommet de la gloire » (qui sera la base du célèbre « la roue tourne »), « Arrête ou ma mère va tirer » et « Les Spécialistes », tout trois démentiels même quatre ans après.
L’opération de plastification des lieux achevée, il est temps de faire des dégâts, de façon à ce que l’ennemi ne s’en remette pas et comprenne sa douleur. Pour cela rien ne vaut des bombes au napalm et c’est ce que nous sert le reste de l’album. Quinze titres bouillants qui sont quasiment tous des classiques instantanés tant la maîtrise de l’ensemble et la puissance des musiques frappent l’auditeur. D’ailleurs, au niveau musical, les sons sont un peu moins funk que dans le passé, les samples sont en majeure partie des mélodies déjà en place mais qui sont tellement bien intégrées à l’ensemble que le résultat cogne comme un Bruce Lee sous exta.
Ceux qui croyaient qu’Expression Direkt s’était ramolli vont surement ravaler leur salive acide dès l’écoute de « Au mic j’kicke » qui rassure sur l’état d’esprit du clan, un freestyle egotrip cent pour cent dans la lignée de leurs morceaux les plus puissants. Une sorte de mise en garde envers ceux qui pensaient prendre leur place tout en haut de la hiérarchie hip-hop. On retrouve toujours ce mélange de morceaux revendicateurs associés à ceux qui font pisser de rire, comme le prouve le tordant « Macho », description « trop réelle » de la vie du macho type, celui qui goutte aux dames avec l’accent de l’arrogance et du « rien à foutre ». Les filles sans humour vont râler…
Un disque indispensable
Retour au défouraillage dans les normes avec « Happy End et tragédie » qui calme net. Un récit prouvant une fois de plus que dans le parcours d’un arabe ou d’un renoi, il y a beaucoup plus de désillusions que de joies. Face aux coups dans le dos et aux galères, mieux vaut donner toute sa rage que s’affaler dans le quotidien; c’est exactement ce que représente ce morceau, du rap réalité frangin, une des spécialités du groupe qui nous intéresse aujourd’hui. Dans le même ordre d’idée, on peut citer « la même », sur le sujet amer du quotidien qui ne change pas, où tout se répète. Le groupe décrit le fait que les années qui passent n’ont pas provoqué les changements attendus. Un titre à la limite de la résignation mais toujours avec cette dose de rage qui fait les grands morceaux.
Le reste de l’album est au diapason et évoquer tous les titres serait presque faire affront aux qualités de ce disque tant il est indispensable. Pour reprendre une phrase de Sear de Get Busy (dédicace a toi), si les qualités d’un groupe se jugent à son poids commercial alors Expression Direkt mériterait d’être multi-platine. Si un jour le Hip Hop français devait payer son dû à un groupe en particulier, il est certain que celui-ci serait Expression Direkt de par l’emprise (non reconnue) que ce groupe a sur le son d’ici. Passer à côté de ce disque, c’est comme refuser une nuit avec Laetitia Casta et Tyra Banks réunies: c’est de la folie ! En attendant l’album des Lunatic et le second Oxmo Puccino, voici certainement l’album de l’année, niveau rap français.
Après un premier album sous estimé sorti en 1997, les Expression Direkt ont appris une chose: mieux vaut régner en enfer que servir au paradis. En se basant sur cette idée, les membres du puissant groupe ont décidé de revenir en indépendant pour être encore plus maîtres du business qu’ils dominent: la musique et de surcroît, la bonne musique.
« Ne plus servir au paradis » car malgré des morceaux en béton armé, la première tentative d’invasion mise en place par le groupe de Mantes-la-Jolie fut un un échec, relatif, car ce sont les ventes qui n’ont pas suivi. L’album, lui, méritait au moins d’être platine. Pour ce second album, une ambiance générale se dégage: l’envie de se faire plaisir et balancer des bombes à chaque track.
Pour accomplir cette mission, nous avons déjà droit à la mise en place de cinq bombes chimiques qui sont certaines de faire mouche. En effet, pour faire plaisir aux gens qui les suivent depuis longtemps, le groupe nous offre 5 titres qui ont marqué l’histoire d’Expression Direkt. Et quels titres! Que des classiques: « Mon esprit part en couilles », le titre qui avait choqué en profondeur l’underground lors de sa sortie (et que l’on peut entendre dans une scène du film La Haine, NDR); l’inoubliable « Dealer pour survivre » (présent sur les Musiques Inspirées Du Film La Haine, NDR), dans la même lignée, à forte tendance funk « sans faire de funky » bien sûr. Les trois derniers titres sont tirés du légendaire album « Guet-apens », révolutionnaire à l’époque de par son côté « l’underground plus fort que les majors ». Les titres en question sont « Au sommet de la gloire » (qui sera la base du célèbre « la roue tourne »), « Arrête ou ma mère va tirer » et « Les Spécialistes », tout trois démentiels même quatre ans après.
L’opération de plastification des lieux achevée, il est temps de faire des dégâts, de façon à ce que l’ennemi ne s’en remette pas et comprenne sa douleur. Pour cela rien ne vaut des bombes au napalm et c’est ce que nous sert le reste de l’album. Quinze titres bouillants qui sont quasiment tous des classiques instantanés tant la maîtrise de l’ensemble et la puissance des musiques frappent l’auditeur. D’ailleurs, au niveau musical, les sons sont un peu moins funk que dans le passé, les samples sont en majeure partie des mélodies déjà en place mais qui sont tellement bien intégrées à l’ensemble que le résultat cogne comme un Bruce Lee sous exta.
Ceux qui croyaient qu’Expression Direkt s’était ramolli vont surement ravaler leur salive acide dès l’écoute de « Au mic j’kicke » qui rassure sur l’état d’esprit du clan, un freestyle egotrip cent pour cent dans la lignée de leurs morceaux les plus puissants. Une sorte de mise en garde envers ceux qui pensaient prendre leur place tout en haut de la hiérarchie hip-hop. On retrouve toujours ce mélange de morceaux revendicateurs associés à ceux qui font pisser de rire, comme le prouve le tordant « Macho », description « trop réelle » de la vie du macho type, celui qui goutte aux dames avec l’accent de l’arrogance et du « rien à foutre ». Les filles sans humour vont râler…
Un disque indispensable
Retour au défouraillage dans les normes avec « Happy End et tragédie » qui calme net. Un récit prouvant une fois de plus que dans le parcours d’un arabe ou d’un renoi, il y a beaucoup plus de désillusions que de joies. Face aux coups dans le dos et aux galères, mieux vaut donner toute sa rage que s’affaler dans le quotidien; c’est exactement ce que représente ce morceau, du rap réalité frangin, une des spécialités du groupe qui nous intéresse aujourd’hui. Dans le même ordre d’idée, on peut citer « la même », sur le sujet amer du quotidien qui ne change pas, où tout se répète. Le groupe décrit le fait que les années qui passent n’ont pas provoqué les changements attendus. Un titre à la limite de la résignation mais toujours avec cette dose de rage qui fait les grands morceaux.
Le reste de l’album est au diapason et évoquer tous les titres serait presque faire affront aux qualités de ce disque tant il est indispensable. Pour reprendre une phrase de Sear de Get Busy (dédicace a toi), si les qualités d’un groupe se jugent à son poids commercial alors Expression Direkt mériterait d’être multi-platine. Si un jour le Hip Hop français devait payer son dû à un groupe en particulier, il est certain que celui-ci serait Expression Direkt de par l’emprise (non reconnue) que ce groupe a sur le son d’ici. Passer à côté de ce disque, c’est comme refuser une nuit avec Laetitia Casta et Tyra Banks réunies: c’est de la folie ! En attendant l’album des Lunatic et le second Oxmo Puccino, voici certainement l’album de l’année, niveau rap français.