« Le hip hop en Afrique est en train de connaître un essor sans précédent »
juillet 27, 2012 (One Comment) by Bongo

Si l’album de Negus, « A l’Ombre de la Lune Noire » sonne différent, ce n’est pas pour rien. Épaulé par son label Wall Street Artists, il est allé chercher en Afrique du Sud les artistes qui apportent cette touche si spéciale que l’on affectionne. Le Titanic Africain n’est pas prêt de couler !

Pourquoi avoir choisi un producteur sud-africain ?

Negus : Je n’ai pas choisi de travailler avec un producteur Sud-Africain, c’est juste que Karim Mimoun (aka Karim Kwartz) co-fondateur du label Wall Street Artists était en connexion depuis 2004 avec le label sud-africain Ghetto Ruff (1er label indépendant Sud-Africain) et c’est dans ce label qu’officiait déjà 37MPH en tant que producteur. Karim fut invité quelques semaines par ce même label en 2006 et en profita pour faire la connaissance de nombreux artistes du label dont 37MPH. Ce voyage lui permit de mettre en place les bases de futures collaborations artistiques franco-sud-africaines. Sur la période de Mai-Juin 2009, 37mph fut invité par Wall Street Artists pour collaborer avec des artistes français à Paris. Dès le premier soir qui suivit notre rencontre, il y eut comme une alchimie entre nous. Le feeling était tellement bon qu’en une nuit nous avons enregistré 3 titres dont « Le Titanic Africain » et « Le son des zins ». C’est naturellement que nous avons pris la décision de pousser le projet vers la réalisation d’un album.

Karim : J’ai découvert 37MPH grâce au premier album d’RJ Benjamin sur lequel il a produit des titres comme « Cry » ou « Play around ». Dès le départ j’ai trouvé qu’il y avait une véritable fraîcheur dans ses prods. Certes ses musiques sont influencées par les productions US mais avec quelque chose de vraiment frais. On trouve d’ailleurs énormément de fraîcheur dans le hip hop sud-africain en général, aussi bien au niveau des beats que des flow d’ailleurs. En 2009, les prod de rap français était vraiment pauvres, on avait l’impression qu’un rappeur français avait copié un beat de Dr Dre en moins bien et que tout les autres rappeurs avait copié ce même beat pour faire de pire en pire. C’est en ce sens que j’ai décidé de me tourner vers l’Afrique du Sud, dans un soucis de créativité, de démarcation et de fraîcheur.

Es-tu allé sur place pour travailler les sons avec lui ?

Negus : Je ne me suis rendu en Afrique du Sud qu’un an après l’album pour rendre visite à 37mph. J’ai fait ma sélection d’instrus lors de sa venue en France. Nous avons également travaillé sur de nouvelles compositions lors de son séjour comme cela fut le cas pour le titre B.O.

Karim : Lors de notre rencontre en 2006, 37mph était âgé de 21 ans, il comptait déjà une vingtaine de top 10 en Afrique du Sud et un award pour l’album d’Ishmael sacré meilleur album R&B de l’année 2005 en Afrique du Sud. 37mph disposait déjà de plus de 2000 instrus de qualité prêtes à être shootées. Pour l’époque c’était vraiment impressionnant d’autant plus que les instrus étaient extrêmement variées. D’autre part, c’est quelqu’un qui travaille très vite et qui peut boucler facilement 3 instrus dans la journée.

Comment se porte le hip-hop là-bas et en Afrique en général ?

Negus : Le Hip Hop en Afrique du Sud a tendance à perdre de sa fraîcheur. Autant des rappeurs comme Pitch Black Afro, Mchangani continuent à osciller entre hip hop old school et kwaito, autant d’autres groupes comme Jozi ou comme le rappeur Maggz ont décidé de s’orienter vers la tendance électro générale actuelle. Cela ne pose d’ailleurs aucun soucis dans ce pays car les sud-africains sont de grands consommateurs de musique electro. Aux dernières nouvelles, il semblerait que certains de ces artistes aient décidé de revenir aux fondamentaux comme Ishmael le chanteur du groupe Jozi qui vient de remonter son premier groupe de Kwaito nommé « Skeem ». Pour le reste de l’Afrique, il est clair que le hip hop est en train de connaître un essor sans précédent. C’est dans le mélange des cultures que l’on fait évoluer artistiquement un genre musical. Les technique de home studios étant en constante progression, cela améliore bien entendu la qualité des enregistrements.

Est-ce que le mouvement a gardé là-bas sa dimension militante, du fait des situations politiques ?

Negus : En Afrique du Sud, c’est d’abord la musique Kwaito qui a accompagné l’émancipation des noirs à la fin des années 80. Le Kwaito de l’époque était composé d’une boucle de musique House au BPM ralenti et d’une sorte de rap. Des artistes comme Zola ont fortement contribué à faire le lien entre le Kwaito des années 80 et le rap des années 90. Dans de nombreux albums d’artistes hip hop on retrouve des titres Kwaito et inversement. Aujourd’hui c’est globalement comme partout, les artistes hip hop connus tendent vers le commercial et ceux du hip hop underground continuent d’avoir une approche revendicative. Cependant du fait de ses racines Kwaito, le hip hop underground sud-africain peut également être festif sans que cela ne porte atteinte à l’image des artistes.

Parle nous des invités de l’album « A l’Ombre de la Lune Noire » ?

Negus : Tout d’abord Jozi, c’est sans doute un des plus grand groupe de rap d’Afrique du Sud. Le groupe était initialement composé de 3 rappeurs, Crazy Lu, Da LES et Bongani Fassi (producteur et fils de Brenda Fassi) et d’Ishmael, chanteur. Le groupe a été sacré meilleur performeur live de l’année aux MTV base Africa 2008. Après cela Crazy Lu et Bongani Fassi ont quitté le groupe pour travailler sur des projets solos. C’est le premier groupe de Hip Hop qui a su allier adroitement musique sud-africaine traditionnelle et Hip Hop. Le premier album « Muthaland Crunk » est vraiment excellent. Les titres « Groopy », « Ma princesse » et « B.O. » on été enregistré lors de leur séjour à Cannes en janvier 2010.

Concernant Ishmael, ce fut vraiment un honneur de l’avoir à deux reprises sur l’album. C’est un artiste au talent et au coeur énorme. A mon sens, c’est la plus belle voix soul d’Afrique du Sud, avec 3 double disques de platines à son actif. Il est d’autant plus respectable quand on connait son parcours. Il est vraiment parti de rien. A la fin des années 80, il s’est fait repéré par le leader du groupe de rap Poets Of Da City pour ses talents de danseur en boîte de nuit à Johanesbourg. Ces derniers décidèrent de l’emmener en tournée internationale. Pendant la tournée, ils se sont aperçus qu’il savait aussi rapper, puis ils se sont aperçus qu’il savait aussi chanter. De retour au pays, Ishmael monta le groupe Skeem avec 2 amis et le premier album fut directement sacré triple disque de platine. Cet artiste est un véritable monument..

En ce qui concerne RJ Benjamin, c’est un chanteur de soul de très grand talent et c’est aussi un excellent producteur. J’adore sa voix. Ces deux premiers albums sont vraiment excellents. La musique de « Delafunk » a été produite par Ameen Harron, un ami d’RJ qui est une des valeurs montantes du son hip hop sud-africain. Sur Delafunk, l’idée était de faire un clin d’oeil à la période funky 80 sans tomber dans le cliché du rappeur qui fait un morceau commercial sur une musique funk. On voulait à la fois taper un délire et faire un truc sympa. Tout le monde s’est prêté au jeu, c’était vraiment cool.

Enfin, en ce qui concerne Nomsa, c’est l’ancienne petite amie de 37MPH. Elle a énormément de talent et je suis prêt à parier qu’on entendra bientôt parler d’elle. En 2011, son premier album produit par 37MPH a été élu meilleur album alternatif de l’année aux South African Music Awards. Sa voix se situe entre Macy Gray et Asa. Elle a vraiment un très beau grain. Ayant adoré « A l’ombre de la lune » elle nous a proposé de faire un featuring que nous avons bien entendu accepté. Elle est également romancière.

Comment avez vous obtenus autant d’ambiances différentes sur les morceaux ?

Negus : L’idée était de faire un album qui soit éclectique, original, frais et cohérent. Il est clair que l’originalité des musiques de 37MPH ont beaucoup contribué à la diversité des ambiances. Cependant, je me devais aussi de faire évoluer mon flow sur chaque titre. Le reproche que l’on peut faire à de nombreux albums rap français c’est de souvent avoir l’impression d’entendre la même chose du début à la fin. On se devait de rompre avec ce sentiment et cette lassitude. Il fallait aussi que chaque titre ait une âme. Du coup quand on écoute l’album ça sonne définitivement hip hop, il est vraiment accessible et on se s’en lasse pas. On prend plaisir à l’écouter et à le réécouter.

L’album a été mixé au USA, est-ce pas soucis de qualité ?

Karim : L’album a été enregistré en France, mixé en France et en Afrique du Sud et masterisé aux Etats-Unis par Dave Cooley, entre autre ingénieur du son de Madlib et des productions du label Stone Throw. Il nous fallait une référence pour finaliser le son et apporter la touche finale à l’édifice. Même si la France tend à rattraper son retard en terme de qualité sonore, les américains gardent encore une longueur d’avance. Le fait qu’il ait apprécié l’album était également un très bon signe car cela prouve que le travail que nous avons accompli a permis de franchir la barrière de la langue. En effet, il est beaucoup plus facile de voir un français apprécier un album anglo-saxon sans comprendre les paroles que l’inverse. La langue française est moins musicale, comme l’Allemand.

Vous avez eu des galères de distribution, souhaitez vous en parler ?

Karim : Nous avons fait confiance à un petit distributeur Keyzit qui a complètement loupé la sortie de l’album. Nous aurions apprécié avoir plus de visibilité mais ce fut une véritable catastrophe. Nous avons donc préféré mettre un terme au contrat et continuer à travailler l’album par nous même en nous inscrivant sur le long terme étant donné la qualité de l’album. Nous allons donc continuer à défendre l’album sur scène et à réaliser des clips de qualité. L’album est référencé au niveau national en Fnac.

Quels sont les autres projets de Wall Street et Reck Shoppe ?

Le projet principal est le second album de Negus qui devrait être prêt pour 2013. Nous collaborons également au prochain album de 37MPH. Nous avons également quelques surprises sur le grill.

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juillet 27, 2012 (One Comment) by Bongo

Si l’album de Negus, « A l’Ombre de la Lune Noire » sonne différent, ce n’est pas pour rien. Épaulé par son label Wall Street Artists, il est allé chercher en Afrique du Sud les artistes qui apportent cette touche si spéciale que l’on affectionne. Le Titanic Africain n’est pas prêt de couler !

Pourquoi avoir choisi un producteur sud-africain ?

Negus : Je n’ai pas choisi de travailler avec un producteur Sud-Africain, c’est juste que Karim Mimoun (aka Karim Kwartz) co-fondateur du label Wall Street Artists était en connexion depuis 2004 avec le label sud-africain Ghetto Ruff (1er label indépendant Sud-Africain) et c’est dans ce label qu’officiait déjà 37MPH en tant que producteur. Karim fut invité quelques semaines par ce même label en 2006 et en profita pour faire la connaissance de nombreux artistes du label dont 37MPH. Ce voyage lui permit de mettre en place les bases de futures collaborations artistiques franco-sud-africaines. Sur la période de Mai-Juin 2009, 37mph fut invité par Wall Street Artists pour collaborer avec des artistes français à Paris. Dès le premier soir qui suivit notre rencontre, il y eut comme une alchimie entre nous. Le feeling était tellement bon qu’en une nuit nous avons enregistré 3 titres dont « Le Titanic Africain » et « Le son des zins ». C’est naturellement que nous avons pris la décision de pousser le projet vers la réalisation d’un album.

Karim : J’ai découvert 37MPH grâce au premier album d’RJ Benjamin sur lequel il a produit des titres comme « Cry » ou « Play around ». Dès le départ j’ai trouvé qu’il y avait une véritable fraîcheur dans ses prods. Certes ses musiques sont influencées par les productions US mais avec quelque chose de vraiment frais. On trouve d’ailleurs énormément de fraîcheur dans le hip hop sud-africain en général, aussi bien au niveau des beats que des flow d’ailleurs. En 2009, les prod de rap français était vraiment pauvres, on avait l’impression qu’un rappeur français avait copié un beat de Dr Dre en moins bien et que tout les autres rappeurs avait copié ce même beat pour faire de pire en pire. C’est en ce sens que j’ai décidé de me tourner vers l’Afrique du Sud, dans un soucis de créativité, de démarcation et de fraîcheur.

Es-tu allé sur place pour travailler les sons avec lui ?

Negus : Je ne me suis rendu en Afrique du Sud qu’un an après l’album pour rendre visite à 37mph. J’ai fait ma sélection d’instrus lors de sa venue en France. Nous avons également travaillé sur de nouvelles compositions lors de son séjour comme cela fut le cas pour le titre B.O.

Karim : Lors de notre rencontre en 2006, 37mph était âgé de 21 ans, il comptait déjà une vingtaine de top 10 en Afrique du Sud et un award pour l’album d’Ishmael sacré meilleur album R&B de l’année 2005 en Afrique du Sud. 37mph disposait déjà de plus de 2000 instrus de qualité prêtes à être shootées. Pour l’époque c’était vraiment impressionnant d’autant plus que les instrus étaient extrêmement variées. D’autre part, c’est quelqu’un qui travaille très vite et qui peut boucler facilement 3 instrus dans la journée.

Comment se porte le hip-hop là-bas et en Afrique en général ?

Negus : Le Hip Hop en Afrique du Sud a tendance à perdre de sa fraîcheur. Autant des rappeurs comme Pitch Black Afro, Mchangani continuent à osciller entre hip hop old school et kwaito, autant d’autres groupes comme Jozi ou comme le rappeur Maggz ont décidé de s’orienter vers la tendance électro générale actuelle. Cela ne pose d’ailleurs aucun soucis dans ce pays car les sud-africains sont de grands consommateurs de musique electro. Aux dernières nouvelles, il semblerait que certains de ces artistes aient décidé de revenir aux fondamentaux comme Ishmael le chanteur du groupe Jozi qui vient de remonter son premier groupe de Kwaito nommé « Skeem ». Pour le reste de l’Afrique, il est clair que le hip hop est en train de connaître un essor sans précédent. C’est dans le mélange des cultures que l’on fait évoluer artistiquement un genre musical. Les technique de home studios étant en constante progression, cela améliore bien entendu la qualité des enregistrements.

Est-ce que le mouvement a gardé là-bas sa dimension militante, du fait des situations politiques ?

Negus : En Afrique du Sud, c’est d’abord la musique Kwaito qui a accompagné l’émancipation des noirs à la fin des années 80. Le Kwaito de l’époque était composé d’une boucle de musique House au BPM ralenti et d’une sorte de rap. Des artistes comme Zola ont fortement contribué à faire le lien entre le Kwaito des années 80 et le rap des années 90. Dans de nombreux albums d’artistes hip hop on retrouve des titres Kwaito et inversement. Aujourd’hui c’est globalement comme partout, les artistes hip hop connus tendent vers le commercial et ceux du hip hop underground continuent d’avoir une approche revendicative. Cependant du fait de ses racines Kwaito, le hip hop underground sud-africain peut également être festif sans que cela ne porte atteinte à l’image des artistes.

Parle nous des invités de l’album « A l’Ombre de la Lune Noire » ?

Negus : Tout d’abord Jozi, c’est sans doute un des plus grand groupe de rap d’Afrique du Sud. Le groupe était initialement composé de 3 rappeurs, Crazy Lu, Da LES et Bongani Fassi (producteur et fils de Brenda Fassi) et d’Ishmael, chanteur. Le groupe a été sacré meilleur performeur live de l’année aux MTV base Africa 2008. Après cela Crazy Lu et Bongani Fassi ont quitté le groupe pour travailler sur des projets solos. C’est le premier groupe de Hip Hop qui a su allier adroitement musique sud-africaine traditionnelle et Hip Hop. Le premier album « Muthaland Crunk » est vraiment excellent. Les titres « Groopy », « Ma princesse » et « B.O. » on été enregistré lors de leur séjour à Cannes en janvier 2010.

Concernant Ishmael, ce fut vraiment un honneur de l’avoir à deux reprises sur l’album. C’est un artiste au talent et au coeur énorme. A mon sens, c’est la plus belle voix soul d’Afrique du Sud, avec 3 double disques de platines à son actif. Il est d’autant plus respectable quand on connait son parcours. Il est vraiment parti de rien. A la fin des années 80, il s’est fait repéré par le leader du groupe de rap Poets Of Da City pour ses talents de danseur en boîte de nuit à Johanesbourg. Ces derniers décidèrent de l’emmener en tournée internationale. Pendant la tournée, ils se sont aperçus qu’il savait aussi rapper, puis ils se sont aperçus qu’il savait aussi chanter. De retour au pays, Ishmael monta le groupe Skeem avec 2 amis et le premier album fut directement sacré triple disque de platine. Cet artiste est un véritable monument..

En ce qui concerne RJ Benjamin, c’est un chanteur de soul de très grand talent et c’est aussi un excellent producteur. J’adore sa voix. Ces deux premiers albums sont vraiment excellents. La musique de « Delafunk » a été produite par Ameen Harron, un ami d’RJ qui est une des valeurs montantes du son hip hop sud-africain. Sur Delafunk, l’idée était de faire un clin d’oeil à la période funky 80 sans tomber dans le cliché du rappeur qui fait un morceau commercial sur une musique funk. On voulait à la fois taper un délire et faire un truc sympa. Tout le monde s’est prêté au jeu, c’était vraiment cool.

Enfin, en ce qui concerne Nomsa, c’est l’ancienne petite amie de 37MPH. Elle a énormément de talent et je suis prêt à parier qu’on entendra bientôt parler d’elle. En 2011, son premier album produit par 37MPH a été élu meilleur album alternatif de l’année aux South African Music Awards. Sa voix se situe entre Macy Gray et Asa. Elle a vraiment un très beau grain. Ayant adoré « A l’ombre de la lune » elle nous a proposé de faire un featuring que nous avons bien entendu accepté. Elle est également romancière.

Comment avez vous obtenus autant d’ambiances différentes sur les morceaux ?

Negus : L’idée était de faire un album qui soit éclectique, original, frais et cohérent. Il est clair que l’originalité des musiques de 37MPH ont beaucoup contribué à la diversité des ambiances. Cependant, je me devais aussi de faire évoluer mon flow sur chaque titre. Le reproche que l’on peut faire à de nombreux albums rap français c’est de souvent avoir l’impression d’entendre la même chose du début à la fin. On se devait de rompre avec ce sentiment et cette lassitude. Il fallait aussi que chaque titre ait une âme. Du coup quand on écoute l’album ça sonne définitivement hip hop, il est vraiment accessible et on se s’en lasse pas. On prend plaisir à l’écouter et à le réécouter.

L’album a été mixé au USA, est-ce pas soucis de qualité ?

Karim : L’album a été enregistré en France, mixé en France et en Afrique du Sud et masterisé aux Etats-Unis par Dave Cooley, entre autre ingénieur du son de Madlib et des productions du label Stone Throw. Il nous fallait une référence pour finaliser le son et apporter la touche finale à l’édifice. Même si la France tend à rattraper son retard en terme de qualité sonore, les américains gardent encore une longueur d’avance. Le fait qu’il ait apprécié l’album était également un très bon signe car cela prouve que le travail que nous avons accompli a permis de franchir la barrière de la langue. En effet, il est beaucoup plus facile de voir un français apprécier un album anglo-saxon sans comprendre les paroles que l’inverse. La langue française est moins musicale, comme l’Allemand.

Vous avez eu des galères de distribution, souhaitez vous en parler ?

Karim : Nous avons fait confiance à un petit distributeur Keyzit qui a complètement loupé la sortie de l’album. Nous aurions apprécié avoir plus de visibilité mais ce fut une véritable catastrophe. Nous avons donc préféré mettre un terme au contrat et continuer à travailler l’album par nous même en nous inscrivant sur le long terme étant donné la qualité de l’album. Nous allons donc continuer à défendre l’album sur scène et à réaliser des clips de qualité. L’album est référencé au niveau national en Fnac.

Quels sont les autres projets de Wall Street et Reck Shoppe ?

Le projet principal est le second album de Negus qui devrait être prêt pour 2013. Nous collaborons également au prochain album de 37MPH. Nous avons également quelques surprises sur le grill.

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