Astro ODV

À quel moment as-tu vu tes premiers tags et tes premiers graffes ?

Originaire de la banlieue nord, c’est tout petit que j’ai vu mes premiers graffes… Sûrement ceux de Vice, Espion, les 3HC qui étaient déjà bien présents dans mon quartier.

Quand as-tu commencé et où ?

Il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à tagger et quelque temps après à graffer (Rires)… C’était en vacances dans le Sud, il y a donc 10 ans, avec mes potes, Esty et Pyor. Après une bonne soirée plutôt bien arrosée, sur un délire, on a posé nos premiers geutas à l’arrache dans une gare… Et c’était parti ! De là, je ne me suis quasiment jamais arrêté de peindre… J’ai eu un premier blaze : c’était Gbou, mais bon… Sommes-nous obligés d’en parler ? (Rires) Puis très vite, je suis passé à Astro.

Et ensuite ?

Lorsque j’ai commencé à peindre, je ne connaissais pas grand-chose de ce milieu… Je faisais principalement du vandale. Peu à peu, Esty m’a fait découvrir quelques endroits où il était possible de peindre à la cool puis ensuite un spot s’est ouvert tout prêt de chez moi : le CFA. J’ai squatté ce lieu pendant un moment avec Kanos, Gizmo, Nels, Ankor, les 3HC et les SAC étaient très présents sur ce terrain. Quelque temps après, je rencontre Desy des NMI qui graffait déjà depuis un très long moment. Il m’a donc appris beaucoup de choses sur le graffiti, aussi bien sur sa pratique que sur ses codes et son histoire. Ensuite, je me suis enfermé dans un spot pendant 3 ou 4 ans pour bosser tranquillement, évoluer et trouver un style…

Quel est selon toi le ou les premiers tagueurs dans ta ville ?

Hum… Je ne sais pas trop : peut être Vice MPV ou Espion. Je ne sais pas trop, je suis sûrement trop jeune pour le savoir.

Peux-tu nous parler de ton crew ?

Mon premier crew est le ODV, un groupe d’amis avant toute chose. Dans les années 2000, Goujat et Pyor décident de créer ce crew, mais ce n’est que bien des années plus tard que je l’intègre officiellement. En 2005, il me semble… Peu à peu, le crew s’agrandit, nous sommes maintenant environ une vingtaine. On se connaît tous et nous passons aussi bien des soirées à boire des bières que des journées à peindre sur les « wall ».

As-tu une anecdote bizarre à nous raconter ?

Ça se passe à Los Angeles, au mur de Venice beach… On arrive là-bas avec Kanos et deux locaux de LA qui nous avaient prévenus que c’était un peu spécial là-bas. Effectivement, arrivés devant le mur, on trouve un stand avec un « man » qui est là pour gérer le spot, truc de fou ! Il te fait remplir toute une fiche d’informations et te laisse peindre à la condition de laisser tes papiers d’identité pendant le temps de ta peinture. On a appris après que c’était en réalité un gang, en accord avec la ville, qui était chargé de gérer le spot pour éviter les débordements car c’est un spot très touristique !

As-tu exposé en galerie ?

Il m’est déjà arrivé à plusieurs reprises d’exposer, mais rien de très important. Par contre, je prépare pour le courant de l’année 2011 une expo de plus bien grande ampleur….

Est-ce que tu vis du graffiti art ?

Oui, je vis du graffiti à travers des ventes de toiles, des prestations pour peindre en live, notamment avec notre système du cellograff. C’est un concept que l’on a mis au point en 2009 avec mon collègue Kanos : il consiste à tendre entre deux poteaux, arbres ou autre du film cellophane afin de se créer une surface à peindre (www.cellograff.com).

Peux-tu apporter plus de précisions sur le concept du cellograff ?

Nous utilisons du cellophane pour fabriquer des cloisons et des volumes éphémères qui servent de support pour nos interventions plastiques sans dégradations. Les volontés et les possibilités sont multiples : le cellograff met l’accent sur la possibilité d’agir dans la ville, tout en respectant ses codes et son bon fonctionnement, amenant le graffiti là où il n’a aucune raison d’être. Le problème du support est depuis toujours au cœur du graffiti : les murs d’expression manquent cruellement et le graffiti vandale ne cesse de défigurer nos rues.

Comment vous avez eu cette idée ?

Tout commence en mars 2006, avec la création du collectif « Poétiquement correct » composé de Kanos, Reci et Xelecce qui ont suivi le même parcours aux Beaux Arts. Ils ont cherché à intervenir dans la ville sans aucune dégradation partielle ni dissimulation de signes visuels. Ils se sont tournés alors rapidement vers le cellophane, matériau qui permet de connecter différents mobiliers urbain afin de créer de nouveaux supports d’expression. Avec le temps, le collectif s’est dissous, chacun ayant entamé une vie professionnelle différente. Kanos décide de ne pas abandonner ce mode d’expression et en août 2009, après une longue réflexion (et aussi grâce à mon impulsion) nous choisissons de réinvestir l’idée pour l’appliquer au domaine du graffiti.

Est-ce une technique difficile à apprendre ?

Non, c’est jute un peu plus dur que sur un mur car le cellophane n’absorbe pas du tout la peinture donc ça colle plus facilement et la surface peut être un peu mouvante lorsque qu’il y a du vent…

Interview : Tarek (www.paristonkar.com)
Photographies : Astro et Tarek

Cypress Hill & M.OP @ Crossover

La 4ème édition du Crossover lance la saison des festivals à Nice du 26 mai au 3 juin. Il ne porte pas son
nom par hasard : Crossover (comprendre “croisement”) met à l’honneur les métissages artistiques, et
les groupes conviés évoluent à la croisée des cultures et des courants musicaux. Un regard nouveau
sur une ville du sud à forte densité culturelle, une programmation musicale révélatrice des tendances
du moment ; des lieux, des artistes et des publics en quête de nouveauté, de plaisir et de rencontres.

www.festival-crossover.com

Paris Tonkar magazine #5 en kiosque

Des murs, des trains, des métros, des palissades… De la peinture, toujours de la peinture… Des tags et même des stickers ! Encore un nouveau numéro riche en créations et productions d’œuvres urbaines. Nous avons également donné la parole à des artistes anglo-saxons pour avoir un autre point de vue sur toutes ces pratiques artistiques que nous défendons dans notre magazine, l’urban art ! Autre chose qu’il me semble important de dire avant d’aller plus en avant dans mon édito : j’ai commis deux petites erreurs dans le précédent numéro en attribuant un collage à Zokatos et un autre à Lœilpartoo alors qu’ils n’étaient pas de leur fait. J’en suis, bien entendu, désolé mais cet impair m’a amené à me poser la question suivante : « Est-il plus facile d’avoir des « fakes » dans le street art ou le graffiti ? »… Dans un long dossier en préparation, je reviendrai sur l’utilisation du street art dans la pub, le marketing et les nombreux « artistes » qui copient allègrement le travail des autres en oubliant ce qui a déjà été réalisé ailleurs et avant ! Que dirait Banksy ou Obey en parcourant les nombreuses villes où ils sont plagiés tous les jours ? Et les affichistes soviétiques ou chinois ? Tout cela pour dire, un peu d’humilité ne fait jamais de mal…

Avec le magazine International Hip-Hop, nous avons soutenu de nombreux projets et d’événements artistiques, d’autres sont encore à venir que nous ne manquerons pas de signaler sur notre site web… Notre équipe est donc fière de participer à la vie culturelle de notre pays, qui mérite un changement radical lors des prochaines élections ! Le temps est venu de crier haut et fort : « Dégage ! »… Une pensée accompagne toujours mes nombreux amis en Syrie, le peuple grec qui se fait racketter et les Sénégalais qui souhaitent plus de justice et de respect. Tenez bon, le droit finit toujours par triompher !
Je vous souhaite une bonne lecture avec ce nouveau numéro et à très bientôt sur nos différents sites, ainsi que dans International Hip-Hop qui parle de plus en plus de graffiti.
TBY

In memoriam // Christophe Aiello aka Pac Wb // Mcz (16-02-1973 / 25-02-2012) nous a quittés dernièrement. Nous adressons nos pensées émues et sincères à ses proches. Jean Giraud, plus connu dans le monde entier sous le nom de Mœbius, s’en est allé au moment où j’écrivais cet édito : un grand dessinateur disparaît, mais son âme et ses créations continueront de nous habiter encore longtemps. Merci à toi l’artiste !
Reposez en paix !

Paris Hip Hop 2012

Cette année, Paris Hip Hop consolide sa programmation dans toute l’Ile-de-France avec et grâce à ses partenaires franciliens à Mantes-la-Jolie, Ivry-sur-Seine, Clichy-sous-Bois, Aubervilliers, Montreuil, Sevran, Kremlin Bicêtre, Bois d’Arcy… Le festival rassemble plus de 40 évènements autour du hip hop durant 15 jours avec plus de 400 artistes français et internationaux dans toute l’Ile-de-France (Zénith de Paris, Casino de Paris, La Gaîté Lyrique, Le Hangar, La Maison des Métallos, Clichy-sous-Bois, Café la Pêche, Aubervilliers, Bois d’Arcy…). La quinzaine du hip hop propose, depuis 7 ans, une série d’évènements représentatifs de toutes les expressions artistiques de la culture hip hop (rap, djing, graffiti, danse, cinéma…).

Pour cette nouvelle édition, Paris Hip Hop se tourne vers le Brésil en inscrivant ses artistes urbains et leurs esthétiques au cœur du festival et en invitant l’événement Alliances en Résonnance. À cette occasion la Quinzaine du Hip Hop propose une programmation d’exception avec : Youssoupha, The Roots, Zoxea et Chico Correa, Criolo (Br) et Baloji, Triptik / Gaïden & Yoshi ou Encore Time Bomb & Friends…

http://paris-hiphop.com/