Le Centre Eurorégional de Culture Urbaine à Lille
octobre 7, 2014 (No Comments) by Blvck Zez

Ce week end, la ville de Lille a inauguré en grande pompe son nouveau fleuron en matière de street art : Le CECU, aka Centre Eurorégional de Culture Urbaine. Derrière l’acronyme peu aguicheur se cachent tout de même 4000m² dédiés à la culture hip hop et à ses artistes. Situé dans le quartier de Moulins, l’initiative a de quoi séduire, les organisateurs n’hésitant pas à parler d’ « expérience unique au monde ». Mais attention tout de même à ne pas confiner la culture street entre quatre murs.

Pour ce projet inscrit dans la continuité de Lille 2004, la ville a mis le paquet. Adossé à la maison Folie de Moulins déjà existante (et agrandie pour l’occasion), ce drôle de cube contient 2 studios d’enregistrements, une salle de 350m², 2 studios de danse, des murs de graff, ainsi que des salles d’expositions. Selon son directeur Olivier Sergent (déjà à la tête de la maison Folie) « c’est un lieu qui s’adresse aux artistes des cultures urbaines et du hip hop, aux gens qui ont vraiment envie d’entre dans une démarche de professionnalisation, mais aussi au grand public ». Proposant de nombreux services aux artistes (masterclass, mise en réseau, aide à la distribution, conseils techniques et administratifs, création d’un label…), le concept a de quoi faire rêver n’importe quel artiste de rue. Cependant, il ne faudrait pas que la structure se transforme en carcan.

Si les artistes de la région saluent l’initiative, certains restent quand même sur leurs gardes. Face au phénomène de ghettoïsation du hip hop et de mort des petites associations, la nomination d’Olivier Sergent, déjà présent dans le milieu depuis 10 ans, sert de garantie. Il a d’ailleurs promis de « faire de nombreux trucs avec les autres établissements ». Reste aussi la menace d’une récupération politique. « Cela reste une institution. Même avec des gens super à l’intérieur, ils sont forcément tributaires d’une ligne politique » fait remarquer Rania Harrar, de l’association Call 911. Martine Aubry a assuré de son côté que « le lieu sera ce que les artistes en feront. Un endroit public et ouvert dont la seule règle d’expression est le respect de la loi. » Cependant MCG, rappeur de la région au style Trap’, a déjà regretté de ne pas être associé au projet…

Nouveau venu sur la scène lilloise, le CECU devra donc faire ses preuves avant de faire l’unanimité. Il s’agit bien évidemment d’une belle opportunité pour les artistes street, mais cela ne doit pas se faire au prix de leur indépendance. Si hip hop et politique ont rarement fait bon ménage, on espère que le CECU tiendra ses promesses.

Sweet Sign!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Votre panier

Votre panier est vide

Actualités

A l'écoute

Agenda

Le Centre Eurorégional de Culture Urbaine à Lille
octobre 7, 2014 (No Comments) by Blvck Zez

Ce week end, la ville de Lille a inauguré en grande pompe son nouveau fleuron en matière de street art : Le CECU, aka Centre Eurorégional de Culture Urbaine. Derrière l’acronyme peu aguicheur se cachent tout de même 4000m² dédiés à la culture hip hop et à ses artistes. Situé dans le quartier de Moulins, l’initiative a de quoi séduire, les organisateurs n’hésitant pas à parler d’ « expérience unique au monde ». Mais attention tout de même à ne pas confiner la culture street entre quatre murs.

Pour ce projet inscrit dans la continuité de Lille 2004, la ville a mis le paquet. Adossé à la maison Folie de Moulins déjà existante (et agrandie pour l’occasion), ce drôle de cube contient 2 studios d’enregistrements, une salle de 350m², 2 studios de danse, des murs de graff, ainsi que des salles d’expositions. Selon son directeur Olivier Sergent (déjà à la tête de la maison Folie) « c’est un lieu qui s’adresse aux artistes des cultures urbaines et du hip hop, aux gens qui ont vraiment envie d’entre dans une démarche de professionnalisation, mais aussi au grand public ». Proposant de nombreux services aux artistes (masterclass, mise en réseau, aide à la distribution, conseils techniques et administratifs, création d’un label…), le concept a de quoi faire rêver n’importe quel artiste de rue. Cependant, il ne faudrait pas que la structure se transforme en carcan.

Si les artistes de la région saluent l’initiative, certains restent quand même sur leurs gardes. Face au phénomène de ghettoïsation du hip hop et de mort des petites associations, la nomination d’Olivier Sergent, déjà présent dans le milieu depuis 10 ans, sert de garantie. Il a d’ailleurs promis de « faire de nombreux trucs avec les autres établissements ». Reste aussi la menace d’une récupération politique. « Cela reste une institution. Même avec des gens super à l’intérieur, ils sont forcément tributaires d’une ligne politique » fait remarquer Rania Harrar, de l’association Call 911. Martine Aubry a assuré de son côté que « le lieu sera ce que les artistes en feront. Un endroit public et ouvert dont la seule règle d’expression est le respect de la loi. » Cependant MCG, rappeur de la région au style Trap’, a déjà regretté de ne pas être associé au projet…

Nouveau venu sur la scène lilloise, le CECU devra donc faire ses preuves avant de faire l’unanimité. Il s’agit bien évidemment d’une belle opportunité pour les artistes street, mais cela ne doit pas se faire au prix de leur indépendance. Si hip hop et politique ont rarement fait bon ménage, on espère que le CECU tiendra ses promesses.

Sweet Sign!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Votre panier

Votre panier est vide

Actualités

A l'écoute

Agenda